IMAGES DE CROP CIRCLE
Publié le 07/12/2007 à 12:00 par magiedumoment
> LA MALADIE DU BONHEUR
> > >
> > >
> > > - Attention ! Une épidémie mondiale est en train de se propager à une
> > > allure vertigineuse. l'OMB (Organisation Mondiale du Bien-Etre)
> > > prévoit que des millards d'individus seront contaminés dans les dix
> > > ans à venir.
> > >
> > > Voici les symptômes de cette terrible maladie :
> > >
> > > 1 - Tendance à se laisser guider par son intuition personnelle plutôt
> > > que d'agir sous la pression des peurs, idées reçues et
> > > conditionnements du passé.
> > >
> > > 2 - Manque total d'intérêt pour juger les autres, se juger soi-même
> > > et s'intéresser à tout ce qui engendre des conflits.
> > >
> > > 3 - Perte complète de la capacité à se faire du souci (ceci représente
> > > l'in des symptômes les plus graves)
> > >
> > > 4 - Plaisir constant à apprécier les choses et les êtres tels qu'ils
> > > sont, ce qui entraîne la disparition de l'habitude de vouloir changer
> > > les autres.
> > >
> > > 5 - Désir intense de se transformer soi-même pour gérer positivement
> > > ses pensées, ses émotions, son corps physique, sa vie matérielle et
> > > son environnement afin de développer sans cesse ses potentiels de
> > > santé, de créativité et d'amour.
> > >
> > > 6 - Attaques répétées de sourire, ce sourire qui dit "merci" et donne
> > > un sentiment d'unité et d'harmonie avec tout ce qui vit.
> > >
> > > 7 - Ouverture sans cesse croissante à l'esprit d'enfance, à la
> > > simplicité, au rire et à la gaieté.
> > >
> > > 8 - Moments de plus en plus fréquents de communication consciente avec
> > > son âme, ce qui donne un sentiment très agréable de plénitude et de
> > > bonheur.
> > >
> > > 9 - Plaisir de se comporter en guérisseur qui apporte joie et lumière
> > > plutôt qu'en critique ou en indifférent
> > >
> > > 10 - Capacité à vivre seul, en couple, en famille et en société dans
> > > la fluidité et l'égalité, sans jouer ni les victimes, ni les
> > > bourreaux.
> > >
> > > 11 - Sentiment de se sentir responsable et heureux d'offrir au monde
> > > ses rêves d'une futur abondant, harmonieux et pacifique.
> > >
> > > 12 - Acceptation totale de sa présence sur terre et volonté de
> > > choisire à chaque instant, le beau, le bon, le vrai et le vivant.
> > >
> > >
> > >
> > > Si vous voulez continuer à vivre dans la peur, la dépendance, les
> > > conflits, la maladie et le conformisme, évitez tout contact avec des
> > > personnes présentant ces symptômes. Cette maladie est extrêmement
> > > contagieuse ! Si vous présentez déjà des symptômes, sachez que votre
> > > état est probablement irréversible. Les traitements médicaux peuvent
> > > faire disparaître momentanément quelques symptômes mais ne peuvent
> > > s'opposer à la progression inéluctable du mal. Aucun vaccin
> > > anti-bonheur n'existe. Comme cette maladie du bonheur provoque une
> > > perte de la peur de mourir, qui est l'un des piliers centraux des
> > > croyances de la société matérialiste moderne, des troubles sociaux
> > > graves risquent de se produire, tels des grèves de l'esprit belliqueux
> > > et du besoin d'avoir raison, des rassemblements de gens heureux pour
> > > chanter, danse et célébrer la vie, des cercles de partage et de
> > > guérison, des crises de fou-rire et des séances de défoulement
> > > émotionnel collectives"
> > >
Alors, je vous en prie, faites suivre , afin que tout le monde soit prévenu
et prenne ses dispositions car
cette épidémie risque de gagner la planète entière en moins de 10 ans.....
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Publié le 16/11/2007 à 12:00 par magiedumoment
Le symbole du papillon n'a évidemment pas été choisi au hasard. Il est sans doute le mieux adapté à notre expérimentation terrestre actuelle et aux importantes mutations auxquelles nous allons tous être confrontés au cours des prochaines années. Il renferme par ailleurs la synthèse de l'ensemble des enseignements spirituels adressés à notre humanité depuis l'aube des temps.
En le présentant dans toute sa splendeur et sa magnificence à Hailey Wood, nos Frères de l'espace ont tenté d'attirer une nouvelle (et peut-être une dernière ?!!!) fois notre attention sur l'importance de ce symbole, car il décrit et résume à lui seul le processus mystérieux que l'ensemble de notre humanité s'apprête à devoir traverser, et qui n'est autre que celui d'une extraordinaire transformation.
Le message du papillon d'Hailey Wood
Il est écrit dans chacun des quatre principaux Évangiles : "Si vous ne mourez pas, vous ne vivrez pas." Or, ces paroles du Christ ont presque toujours été interprétées au premier degré.
Mourir pour vivre est en apparence la formule la plus absurde que nous ait transmise le Christ, mais c'est cependant le plus grand secret de la Science spirituelle. Car l'idée de "mort", telle qu'elle nous fut transmise par Jésus, ne signifie en réalité rien d'autre qu'un changement d'état de conscience, un changement de fréquence vibratoire.
Lorsque nous posons à la nature ou à notre Guide intérieur la question suivante : "Où trouver une créature qui accepte de se laisser mourir pour vivre ?" la réponse est toujours la même et chaque fois elle revient sous la forme d'un papillon.
Aujourd'hui, les papillons, comme les abeilles, disparaissent très rapidement partout dans le monde. Les raisons physiques essentielles en sont la destruction rapide des biotopes où ils se reproduisent, la généralisation de l'agriculture intensive avec l’utilisation de plus en plus massive des pesticides, l’urbanisation et la pollution galopantes. Mais la principale raison est d'ordre spirituel : elle tient à l'égoïsme et à la stupidité de l'être humain qui préfère voir sa planète mourir plutôt que de renoncer à ses mauvaises habitudes et à ses pensées égoïstes.
Publié le 16/11/2007 à 12:00 par magiedumoment
Ce cryptogramme est peut-être le signe que notre appel a été entendu par nos Amis de l'espace et qu'une partie de notre humanité est désormais prête à s'élever de sphère en sphère jusqu'au point final de son Ascension spirituelle.
Publié le 08/11/2007 à 12:00 par magiedumoment
CET ARTICLE N AYANT PAS LES BONNES INFORMATIONS? JE REMERCIE CEDRIC ET CORRIGE PAR LA MËME OCCASION
Ce crop circle n'a pas été découvert cet été mais en août 2004 !!!!
ci dessous le lient qui montre la preuve :
http://www.lucypringle.co.uk/photos/2004/uk2004cf.shtml
MERCI CEDRIC
Cet été, un Crop Circle extrêmement élaboré a été découvert dans un champ du Wiltshire, en Grande-Bretagne. Aussi grand qu’un terrain de football, le Crop fait directement référence au calendrier Maya et à ses symboles. Un calendrier bien connu pour se terminer… en 2012 ; date que certains présument être une fin du monde annoncée… et le début d’un nouvel ordre mondial. Steve Alexander, un expert qui a photographié des centaines de Crops de par le monde, n’hésite pas à commenter cette incroyable formation : « C’est le Crop Circle le plus complexe que j’ai jamais vu ! Je sais qu’un tas de gens pensent que tous ces Crops sont faits artificiellement par la main de l’homme, mais pour celui-ci c’est très peu probable. Cela prendrait des semaines, voir des mois (!), pour réaliser un dessin aussi parfait, complexe et aussi gigantesque ; or ce Crop est apparu en une nuit ! » En tout cas, si une entité intelligente essaie de communiquer avec nous via ce Crop Circle, ce n’est pas vraiment pour nous annoncer une bonne nouvelle…
Source : http://news.bbc.co.uk/1/hi/england/wiltshire/.stm
mondeinconnu.com toute l'actualité OVNI, extraterrestre et ufologie
Publié le 27/10/2007 à 12:00 par magiedumoment
Découvertes dans les forêts du Costa Rica, les boules sont une énigme
On découvre souvent disséminés au hasard et plutôt dans des régions inhospitalières des objets de formes géométriques parfaites comme des oeufs, des cercles ou des sphères de diamètre allant de quelques centimètres à près de 3 mètres.
En effet au milieu de la jungle, sur de hautes montagnes, dans les deltas des fleuves et sur des collines,
on découvre dispersées çà et là, des centaines de boules artificielles parfaites de 12 tonnes en granit ou en lave.
On en a, par exemple, découvert des sphères aux USA dans le Tennessee, l'Arizona , la Californie et l' Ohio et le professeur Marcel Homet archéologue et auteur du livre " Les fils du soleil " a découvert en 1940 dans la partie supérieure du Rio Branco au nord de l'Amazonie, un gigantesque œuf de pierre de 100 m de long et 30 m de haut , couvert de symboles solaires et qui n'est pas, a dit cet archéologue, un "caprice de la nature", mais qui a nécessité un travail de sculpture s' étendant sur des dizaines d'années et exécuté par un nombre incalculable d'artistes.
Mais la véritable sensation archéologique, qui nous interpelle maintenant, nous dit le célèbre l'explorateur suisse Erich von DÄNIKEN dans son remarquable ouvrage "Retour aux étoiles" publié chez R. Laffont en 1971 ou plus récemment chez J'ai Lu (numéro A 322) , attend toujours d'être déchiffrée, dans le petit État du Costa Rica, en Amérique Centrale.
En effet au milieu de la jungle, sur de hautes montagnes, dans les deltas des fleuves et sur des collines, on découvre dispersées çà et là, des centaines de boules artificielles de granit ou de lave. Leur diamètre va de quelques centimètres à près de 3 mètres. Actuellement la boule la plus lourde qu'on ait déterrée pèse environ 30 tonnes.
Ces boules admirables sont-elles un caprice de la Nature, des roches volcaniques ou est-ce la puissance de l'eau qui aurait donné cette forme sphérique parfaite ? Erich Von DÄniken en a découvert éparpillées sur un terrain plat, et placées en groupes au sommet de diverses collines. Certaines boules étaient toujours placées au centre de l'axe de la colline. Il en a aussi trouvé des troupeaux groupés selon un ordre étrange, dans la vase d'un fleuve, et dans la plaine de Diquis, où règne une chaleur torride, il découvrit 45 de ces boules qui cuisent au soleil.
Il raconte aussi qu'il a dû parcourir, dans la région de Piedras Blanca, près de 100 km en 4x4, dans une jungle hostile. Et pendant encore une heure de marche, aidé d'un guide expérimenté qui courrait devant lui pour écarter les araignées géantes aux morsures mortelles, il réussit à se trouver en face de deux énormes boules parfaitement sphériques et tout à fait impressionnantes par leurs masses au milieu de cette forêt.
Il faudra bien se poser alors la question de savoir comment ces objets sphériques de la forêt, qui vu leur perfection, ne peuvent qu'être qu'artificiels et remontent à n'en pas douter à une époque très reculée, se sont trouvés projetés inexplicablement, en pleine jungle.
Il y aurait donc trois hypothèses à propos de l'origine de ces boules:
Ces boules ont été taillées (avec une habileté ahurissante qui reste à définir), il y a seulement quelques centaines d'années dans une carrière lointaine ( puisse qu'il n'en existe aucune à moins de 100 km dans la région ), dans des blocs forcément plus lourds et dépassant au moins 24 tonnes pour les boules de 2,5 m de diamètre, pesant on le sait, près de 16 tonnes, (une telle carrière ne manquerait pas d'être aperçue, vu le chantier qu'elle entraînerait ), puis on doit alors penser que ces boules ont été transportées par un moyen inconnu qui dépasse largement notre entendement au travers de toutes les embûches de la forêt, et abandonnées là, de plus pour une raison incompréhensible.
Les boules, et cela dépasse de loin les thèses officielles, étaient placées là, avant l'arrivée de cette forêt ce qui nous place, dans des temps plus que préhistoriques où les hommes étaient incapables d'élaborer des objets d'une géométrie aussi parfaite qu'une sphère.
Ce sont les dieux dont parlent tant de mythologies qui avec leur technologie supérieure ont élaboré ces blocs sphériques pour des raisons que nous ne pouvons évidemment pas encore comprendre, puisque l'existence réelle même de ces dieux est sujette à caution, dans notre enseignement universitaire.
Il est vrai en effet, que l'on a aujourd'hui, aucune explication de la part des archéologues sur les habiles sculpteurs et sur les techniques qu'ils ont utilisées pour réaliser ces superbes boules du Costa Rica dont ont a constaté, que les irrégularités qu'elles présentaient était souvent infimes. La perfection de ces objets montre effectivement que les artisans qui les ont fabriqué, connaissaient bien la géométrie spatiale et avaient à leur disposition des instruments techniquement bien conçus.
En effet, à notre époque, nous ne pourrions réaliser une boule parfaite de 2,5 m de diamètre qui représente environ une aire de 5 m2 et un volume de 8 m3, dans une roche aussi dure que le granit, qu'en utilisant des machine-outils programmables très perfectionnées.
Il nous reste donc qu' à découvrir vraiment comment ces extraordinaires artisans sont arrivés à réaliser ces objets avec une telle maîtrise et de plus comment certaines boules ont été transportées jusqu'au sommet d'une montagne ou encore, en pleine forêt vierge et dans quel but.
Une légende locale raconte que chaque boule appelée Indians-ball ou Sky-ball par les indigènes représente le symbole de l'astre du jour notre Soleil.
Mais les archéologues rejettent cette interprétation, car d'après eux à ce degré de latitude, le soleil a toujours été représenté par un cylindre, une roue, ou un disque doré mais jamais par une forme sphérique, pas plus chez les Incas, que chez les Mayas ou les Aztèques.
D'ailleurs les indigènes eux mêmes répugnent à conduire les visiteurs sur les lieux où se situent ces boules parfaites car ils les considèrent comme des objets sacrés et dont les emplacements sont des sanctuaires tabous.
Publié le 26/10/2007 à 12:00 par magiedumoment
LE DEBUNKING
Technique pour désinformer en ridiculisant
Le debunking, de l'anglais "debunk" qui signifie "discréditer" ou "démythifier", est l'art qui consiste
à nier et à discréditer tout évènement ayant trait de près ou de loin à l'existence d'êtres extraterrestres.
Cette notion de " debunking " ( désinformer ) revient assez souvent au cours de l’étude des cas et il est utile d’en préciser le sens. Le verbe to debunk en anglais signifie " déboulonner quelqu’un, discréditer une institution ou démystifier une croyance ". Le debunking est une manœuvre bien connue en ufologie qui consiste à trouver une explication triviale à une observation d’OVNI, ridiculisant ainsi les témoins et les ufologues qui leur ont prêté attention.
On pourrait parler de pré-debunking lorsque l’apparition de l’OVNI imite un phénomène connu tel qu’une rentrée de satellite dans l’atmosphère, des impacts de faisceaux lumineux produits par un skytracer de discothèque, la lune etc. Dans ce cas en effet, l’explication triviale qui sera servie aux médias est préprogrammée d’avance par les créateurs de l’ovni. Certains parlent alors de " parasitage " d’un phénomène connu par l’OVNI .
Enfin peut-être existe-t-il maintenant un pré-debunking subtil qui consisterait à faire apparaître les OVNI à proximité d’une source électromagnétique (ligne à haute tension, centrale électrique…) de façon à ce que les chercheurs puissent attribuer cette apparition à une hallucination.
En effet, des recherches sur le cerveau ont montré qu’un champ électromagnétique pouvait provoquer des visions, et cette explication fournie un jour aux médias vaudra certainement mieux que de penser que les ovnis puissent être générés par les militaires. Cette explication a le mérite d’être peut-être la bonne en ce qui concerne les cas d’enlèvements extraterrestres qui sont de type onirique, certains de ces cas pouvant toutefois eux aussi être attribués à l’armée.
Au sujet de l’influence d’un champ électromagnétique sur le cerveau, il est à noter que la proximité d’une source électromagnétique permet aussi le cas échéant d’attribuer l’observation d’un OVNI à l’apparition spontanée d’une boule de plasma.
La désinformation n'est pas une statégie monolithique ni standardisée. Elle est modulable et s'applique différement selon les cibles, les pays, les sujets et leurs auteurs. Depuis 1947, la désinformation sur les OVNI cible deux publics distincts : la petite communauté des ufologues et l'opinion publique. La première est isolée et noyée, en permanance, sous un flot ininterrompu d'informations. La seconde vit dans un contexte de pénurie d'informations. La désinformation visant les ufologues se nourit de leur intêret pour le sujet. Elle se glisse dans le flot d'informations dont ils sont toujours en quête, et qui s'est accrue avec le développement d'internet. Elle permet de les induire en erreur, de les décrédibiliser vis-à-vis de l'opinion publique, de les isoler et les marginaliser, de les saturer d'informations et bien évidement de les diviser, tous n'étant pas daccord sur la véracité et l'interprétation des informations.
La désinformation relative aux OVNI ne diffère pas fondamentalement de celle appliquée à d'autres sujets. Cependant, plusieurs caractéristiques de la question des OVNI lui donnent un visage particulier: La mainmise américaine sur la question des OVNI, le secret et la pénurie d'informations, la soif des ufologues pour les révélations et la relative inertie de l'opinion publique.
L'arrivée subite et massive d'informations souvent spectaculaires crée dabord un engoument, lequel se retourne ensuite en un rejet de même ampleur lorsque surgissent les premiers doutes. Puis vient la débâcle et le rejet proportionnel à la deception. De tels revirements peuvent être programmés et obtenus par l'inclusion d'éléments ou de détails FAUX, destinés à être découverts à retardement, au plus fort de l'engouement si possible.
Les documents du MJ12 (Majestic 12) ont séduit de nombreux chercheurs et ufologues, avant d'apparaître comme des faux habiles dépassant les limites du canular ou de l'action individuelle. Ainsi, sur un prétendu mémo adressé par le président Truman au général Twining est reproduite la signature du président, empruntée à un vrai document. Un tel détail ne saute pas immédiatement aux yeux, mais est voué à être découvert tôt ou tard... Le doute est donc jeté. Puisqu'un cachet officiel, un en-tête administratif ou la signature d'un président de l'Etat était devenu une preuve de l'implication des autorités américaines dans le dossier OVNI, il fallait déconsidérer ceux-ci et jeter le trouble en répandant le FAUX.
Voir : Majestic 12
Une fois lancée, la désinformation doit être répandue à travers des caisses de résonance. Celle destinée à l'opinion publique, et transitant par les médias, bénéficie souvent d'un remarquable synchronisme. Alors que les informations intéressantes et de qualité sont rarement relayées par les médias, et généralement avec retard, celles relevant de la désinformation sont diffusées avec une rapidité qui les rend très eficaces! Le phénomene des cercles de récolte (crop circles), qui est peut-être lié aux OVNI, a fait l'objet d'une remarquable campagne de désinformation en 1991. Tandis que le phénomène prenait de l'ampleur, les médias britaniques et internationaux délivrèrent subitement, et de concert, l'information selon laquelle deux retraité britanniques, Doug Bower et Dave Chorley, étaient les auteurs des figures. La nouvelle fut dabord lancée par le journal "Today", le 9 septembre 1991, puis fit le tour du monde des rédactions. Elle se révéla vite mensongère, mais ne fut jamais corrigée par les médias qui l'avaient véhiculée.
Voir : Les Crop Circles
Curieusement, c'est à partir des années 50 que le gouvernement américain exerce un "debunking" total et systématique sur le phénomène des OVNI, c'est à dire leur dénigrement, dans l'opinion et c'est aussi dans les années 50 qu'apparurent des rumeurs sur les OVNI comme étant en fait des engins secrets issus de soucoupes volantes nazies.
Voir: Les Secrets des Nazis
SOURCES ET LIENS
OVNI : 60 ans de désinformation
Men in black
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par magiedumoment
Ovnis nazis sur le Web
La plupart de ces soit-disants chercheurs qui font donc connaître leur théorie sur le web navigueraient en fait dans une sorte d'autarcie intellectuelle, de représentation illusoire du monde, selon Joseph Altairac, chercheur français qui semble jouir d'une réputation de probité certaine et qui a consacré une longue étude sur le sujet des Vrils ("Un mythe technologique: la légende du V7" paru dans "Scientifictions n°1 vol 2 Encrage 1997"). Il nous déclare à ce sujet dans un échange de courriel : « Le net est un formidable outil d'investigation mais aussi un piège sournois. Il y a désormais des malheureux qui mènent leur recherche en consultant seulement le net, ce qui fait qu'ils vivent dans une sorte d'univers parallèle dans lequel les théories les plus délirantes donnent l'impression d'avoir une certaine valeur sous prétexte qu'elles apparaissent sur l'écran de leur ordinateur! ". C'est sans doute par ce processus que tout un corpus de pseudo faits historiques se colporte de site en site, se croisant, se référençant les uns et les autres et donnant donc l'impression que chaque information sur les Ovnis nazis est sourcée. Mais ce n'est qu'une impression. D'ailleurs, Maurizio Verga, ufologue Italien qui s'est penché sur l'affaire des ovnis nazis et des armes miracles allemandes depuis bientôt 22 ans a réussi à se constituer l'une des plus importantes collections de clichés sur la question des ovnis nazis, collection que l'on peut se procurer exclusivement sur le web en consultant son site naziufos.com, un site, je le précise, à caractère lucratif. A première vue, le site semble accorder du crédit à l'existence des ovnis nazis. A première vue seulement car l'opinion de Maurizio Verga sur le sujet est plus que prudente et l'on doit l'aspect « attractif » et professionnel du site sans doute à la fascination intriguée qu'éprouve notre ufologue transalpin pour le sujet. Voilà ce qu'il nous en dit : « Je n'ai jamais découvert une seule photo d'ovnis nazis vraiment convaincante. Certaines ne sont que d'évidentes maquettes aux contours un peu flous d'Ovnis posés à terre à côté d'un camion et de mannequins. D'autres sont totalement ridicules, spécialement celle équipée en dessous par une tourelle de char Tigre ( sur laquelle on a collé bizarrement des canons très minces)…. En fait, la plupart des photos d'Ovnis nazis sont d'origine hautement douteuse et une bonne partie sont carrément des faux. Elles ont commencé à apparaître dans les années 80 avec la publication d'articles excessifs et d'affirmations provenant d'auteurs allemands ou autrichiens. Je suppose que les photos étaient alors des sortes de preuves visuelles destinées à corroborer leurs affirmations et à les rendre crédibles. Van Helsing et les autres ont alors utilisé ces photos pour leurs propres livres et pour autant que je le sache, ces photos ne viennent pas d'eux directement. » Maurizio Verga tient toutefois à préciser que « ces photos et les propos qui les illustrent n'ont aucun rapport avec la « première vague » d'histoires sur les Ovnis allemands datant des années 50. A cette époque, il n'y avait qu'un seul film qui montrait des photos (en 1952) qui n'ont rien à voir avec ces autres photos dont je parle plus haut ». Maurizio conclut que le flou entourant l'origine de ces clichés est total, en quelque sorte volontaire : « Il n'y a aucune source spécifique qui soutiennent l'origine de ces photos et l'ensemble de ces clichés. Tous en fait ne créditent jamais une source DIRECTE, il est donc impossible de savoir d'où ces photos viennent. De tels clichés ont l'étrange manie de surgir du néant…. Quant à un document filmé, le seul film que j'ai vu est un documentaire italien de 30 minutes (incluant des interviews de Serrano et d'autres) où l'on voyait une soucoupe allemande arborant un emblème, une croix germanique qui semblait décoller d'une base souterraine à toute allure et très soudainement. La première fois que j'ai vu le film, je fus très impressionné mais plus tard, je découvris que cette même scène était extraite d'un autre film datant de 1950 de Mikel Conrad sur les soucoupes volantes. Pas mal hein ? ».
Etrange ufologue qu'est ce Maurizio Verga qui vend des photos auxquelles il ne croit pas mais qui demeure complètement fasciné (comme moi) par ce sujet diablement rebelle à toute conclusion. Car de là à conclure que les Allemands n'ont strictement rien inventé comme le font certain est un pas qu'il ne vaut mieux pas franchir. Verga est très clair à ce sujet : « Ils (les nazis) ont développé sur plans des idées et des projets très en avance sur leur époque. La plupart des développements dans l'arsenal militaire (et pas uniquement dans ce secteur) et la stratégie après la deuxième guerre mondiale sont des conséquences directes de leur travail même si celui-ci s'avérait bien souvent chaotique et bien trop riche en solutions exotiques, peu pratiques et désespérées ».
Haunebu ou Projet du Disque Omega basé sur l'effet Coanda
Construction d'un même mythe
Revenons à nos Ovnis nazis. Velasco et Childress , les auteurs du livre "Man Made Ufos" de même que Peter Moon sourcent pour leur part l'origine de ces illustrations. Ils affirment qu'elles seraient issues d'un autre ouvrage en Allemand celui-là, "Die Dunkle Seite Des Mondes-the Dark Side of the Moon" publié en 1996 par les éditions des livres Pandora Books. Un ouvrage étrange, bizaroïde qui s'avère assez rare sur lequel nous n'avons pas réussi à mettre la main. Les origines de ces photos et de ces plans restent donc mystérieuses comme les plans des prototypes que nous avons découvert dans une revue allemande – « Profile » - et dont nous parlerons plus loin. Bref, van Helsing ou Icke (dans "Le plus grand Secret" Tome 1 éditions Louise Courteau) ont tous deux parlé des Ovnis nazis, toujours de la même manière, en faisant état des mêmes histoires, d'une chronologie semblable mais sans présenter de façon "sourcée" des preuves matérielles ni où ils avaient trouvé leurs infos. On peut dire la même chose du livre de George Piccard "Liquid Conspiracy" publié également chez Adventure Unlimited Press. Bref, des ouvrages conspirationnistes qui ont utilisé cette même manière de présenter les disques nazis et ces mêmes photos sont innombrables et se copient les uns les autres, sans originalité. Même chose pour le document vidéo de Vladimir Terziski , "The Secrets of the Third Reich (évoqué par van Helsing dans le Livre Jaune n°5 mais aussi par Icke et édité par l'European Archive UFO,PO Box 129, 8600 Sneeks, Netherlands), vidéo qui regroupent des photos, séquences, plans et informations aux origines mystérieuses et imprécises.
Par la suite, l'affaire des disques volants nazis est devenue une sorte d'évidence incontournable, une sorte de passage obligé mais un peu embarrassant de l'histoire ufologique. De ce fait, tous ceux sur le Web qui ont voulu traiter du sujet des Vril présentaient les documents de van Helsing ou plutôt de Brad Harris ainsi qu'une autre série de photos en couleurs comme des évidences historiques (que l'on retrouve sur certains sites en langue allemande au contenu idéologiquement très marqué à droite). On nous affirme que ces documents sont authentiques, nous laissant donc aucun autre choix qu'une adhésion ou un rejet en bloc de son histoire.
Le saut créatif nazi en question
Attardons-nous encore un peu sur le cas van Helsing tant il est intéressant. Il justifie ce brutal "saut créatif" de la science nazie dans les années 30 et par conséquent, les progrès immenses de cette nation en matière d'armement grâce à l'existence de sociétés secrètes et ésotériques: la société VriI, celle de Thulé et celle des chevaliers noirs (descendant des templiers). Thulé s'avérait être le pendant matériel et politique des nazis et occultistes allemands tandis que Vril s'occupait surtout "de l'au delà" et des affaires occultes ou ésotériques, souligne van Helsing. Derrière Vril (anciennement la Loge Lumineuse ou Frères de la Lumière) créée en 1919, on retrouve la figure bien connue de Karl Haushoffer qui en serait le fondateur, affilié également à la fameuse Golden Dawn (l'aube dorée). Et autour de Haushoffer évolueront des gens comme le chef du gouvernement de Dantzig, un certain Rausching , ami d'Adolph Hitler, Rudolph Hess (qui fut le dauphin du Fürher, le plus mystique dans le cercle des proches de Hitler) et bien entendu Hans Horbiger. C'est dans ces cercles qu'auraient été édifiés les piliers mystico-racistes du nazisme qui ont inspiré l'idéologie et le mode de fonctionnement de la Waffen SS. Mais pour van Helsing, la société Vril aurait servi à d'autres choses: elle aurait permis à des médiums de rentrer en contact avec des entités extraterrestres d'Aldébaran (subdivisée en deux groupes: les maîtres qui sont des hommes-dieu Aryens et d'autre part, différentes races "humaines" inférieures extraterrestres). Ce seraient ces "hommes-dieu" qui auraient inspiré aux nazis et aux membres du Vril, " l'idée la plus fantastique jamais conçue par l'homme: la construction de la machine vers l'au-delà!" Il n'aurait alors fallu que trois ans selon van Helsing pour que le premier projet soit mis en place et que le Dr W.O. Schumann , membre des sociétés Thulé et Vril expose à Munich devant la Faculté des Sciences les premiers principes de la propulsion par implosion (par opposition au moteur à explosion étant considéré comme satanique).
Selon la légende, une histoire par conséquent totalement fabriquée selon les sceptiques; en juin 1934, le premier Ovni nazi aurait vu le jour, un avion circulaire expérimental, le RFZ1 de la fabrique d'avions Arado doté d'abord d'une hélice puis d'une turbine et aussi d'un réacteur. Les autres modèles du RFZ2 au RFZ7 se succéderont jusqu'à la fin de la guerre. L'un des engins les plus au point était le Haunebu 2, opérationnel à la fin 1942 et d'un diamètre, suivant le modèle, allant de 26m à 32m, (de 9 à 11m de hauteur) pouvant se propulser à plus de 9000 km/h (à titre de comparaison, le record de vitesse en vol de l'avion américain SR71 datant de 1976 est de 3.529 km/h et le F44 Phantom est de 2585 km/h). Le nec plus ultra de l'affaire aurait été le Haunebu III de 71m de diamètre qui pouvait transporter paraît-il 32 personnes à une vitesse d'au moins 7000. Km/h avec une autonomie de vol de 8 semaines. Le premier Mothership en quelque sorte, construit pour des vols spatiaux interplanétaire (et dont la vitesse maxi répertoriée dans les archives de la SS serait de 40.000 km/h, nous précise van Helsing). L'engin en vol aurait été filmé du côté de la frontière tchèque.
James Urtak : entre CIA, Mind Control et « Nouvelle Egypte »
A l'instar de Peter Moon, van Helsing cite à la fin de son chapitre relatif aux Ovnis nazis l'intervention d'un très étrange personnage qui est censé apporter du crédit à l'ensemble des informations sur les disques volants de la SS, un certain James Hurtak qui mérite également que l'on s'y attarde. Ainsi, Moon et van Helsing précisent que James Hurtak aurait compulsé des documents authentiques de la CIA sur les armes miracles allemandes. Hurtak déclare donc avoir eu entre les mains des documents relatifs à l'existence des célèbres Foo Fighters, qui seraient en fait les Feuerballs, Kugelblitz et autres "tortues volantes", des sortes de drones qui se manifestaient sous la forme de boules de lumière très intense à proximité des bombardiers alliés afin de mettre à mal leur système électrique et de guidage (mais aussi à proximité des formations allemandes que ces engins escortaient). Hurtak parle aussi des plans détaillés pour la construction d'un projet de cité de l'espace près de Peenemünde. Il souligne enfin que " l'aspect le plus important du troisième Reich est qu'ils ont en fait ouvert la porte vers d'autres mondes ", des commentaires que notre bizarre philosophe et linguiste américain aurait tenu dans le documentaire vidéo "les Secrets des Ovnis du 3ième Reich" (MGA/Austria/Royal Atlantis-Film GMBH). Hurtak va plus loin car, selon lui, dans cette affaire, l'armée américaine aurait créé de toutes pièces l'affaire de l'extraterrestre de Roswell pour servir d'écran de fumée et donc pour masquer l'existence de soucoupes volantes nazies ayant échappé au contrôle des alliés ou encore des prototypes nazis capturés par l'Air Force auprès des Allemands à la fin de la seconde guerre mondiale: " une menace des extraterrestres pouvait servir d'écran de fumée pour le ministère de la défense afin de justifier certains essais mais aussi pour dissimuler au grand public la menace que pouvaient constituer des soucoupes volantes nazies de l'après-guerre ". Voilà une position très proche de celle empruntée par Zündel. Certes, il est raisonnable de spéculer que juste après la victoire inconditionnelle des alliés, la révélation de l'existence d'une sorte de 5ième ou 6ième colonne, de dernier cercle de fidèles nazis dotés d'armes quasi surnaturelles aurait fait mauvais genre auprès de l'opinion publique. Mais la première question qui nous vient à l'esprit est de savoir pourquoi ils ne se sont pas servi de ces fameuses armes miracles, ces Ovnis. Etonnante thèse donc de ces armes miracles récupérées en partie par les alliés que certains trouveront tirée par les cheveux et pourquoi pas, un imaginatif artifice de façon à camoufler l'existence d'une menace extraterrestre authentique. Quant à James Hurtak, il ne s'agit pas du premier venu. Il faut savoir que cet érudit, proche de la CIA et des expérimentations ésotériques de l'agence est présenté par les journalistes anglais Lynn Picknett et Clive Prince dans le livre "The Stargate Conspiracy" comme un drôle de numéro. Cela vous permettra de vous faire une idée sur les motifs de ses propos. Fondateur de l'Academy for Futur Sciences (une organisation qui entre autre chose développe une nouvelle égyptologie), titulaire de diplômes en études orientales, en histoire, en sciences sociales, en linguistique, en patristique (étude des doctrines des Pères de l'église), ce polyglotte passe également pour un « consultant en technologies avancées basé dans la Silicon Valley ". Il publie par exemple une étude recommandant " l'utilisation des radars aéroportés, des satellites aéroportés et des satellites radars " pour l'archéologie. Dès les années 70, il se consacre à l'égyptologie, on pourrait même dire qu'il est l'un des pionniers qui tentera de créer une sorte de nouvelle égyptologie, une autre manière de lire et d'interpréter les vestiges de l'Egypte ancienne en faisant de la civilisation des Pharaons, une ère très sophistiquée et sans doute en relation avec des civilisations extraterrestres originaires des constellations d'Orion et de Dracon. Hurtak, sans faire partie du SRI (le Stanford Research Institute) est en excellent terme avec l'institution qui effectuera des recherches sur le plateau de Gizeh sur les variations du champ magnétique autour du Sphinx et de la Grande Pyramide. Il faut savoir que le SRI n'est pas un organisme de recherche comme les autres mais que ses principaux bailleurs de fonds sont le Pentagone (75% des recettes du SRI en 1993 par exemple) ou la Nasa. Le SRI a travaillé sur des projets comme le Remote Viewing, la vision à distance (la pierre philosophale de la parapsychologie) pour le Pentagone et la CIA dans le cadre des projets Grill flame, Star Gate ou Sun Streak. Certes, l'existence même de ses projets est mise en doute et ils sont considérés comme des opérations de désinformation (voir dans notre site, le chapitre relatif au « remote viewing » dans le dossier « Ederman »). Mais Hurtak évoluait autour des personnages de première envergure impliquées dans ces projets. La perception du journaliste Alex Constantine sur ces travaux et donc, quelque part sur les mobiles d'Hurtak est à tout le moins assez radicale et fait frissonner. Pour Constantine qui y voit la trace de l'opération MK Ultra, " l'objectif de la vision à distance n'est pas tant de recueillir des informations sur des lieux éloignés que d'agir directement sur notre mental ". Pour lui, " ces prétendues recherches ne sont que de la désinformation ... car le Pentagone cherche en réalité à mettre au point des techniques de manipulation mentale",… l'espionnage parapsychique n'étant qu'un prétexte....On est en droit d'imaginer que les services secrets essaient de mettre au point des techniques permettant d'influencer un individu qui se trouve physiquement hors d'atteinte " (Alex Constantine in "Virtual Government" éditions Feral House et "Illicit Mind Control experimentation" Internet Ligthouse Report). Selon les auteurs Pycknett et Prince (cfr La Porte des étoiles/Stargate Conspiracy, éditions du Rocher"), Hurtak est à la fois lié à la CIA et " un flamboyant représentant du New Age... Il se veut être le prophète d'une nouvelle religion. Non content de se tailler une position de choix dans les milieux New Age, Hurtak a attiré, par son enseignement et ses révélations, une foule d'adeptes, qui sont souvent des gens hauts placés, des millionnaires, des politiciens... Pour l'un de ses disciples, il s'agit d'un quasi messie ". Le livre de la porte des étoiles va beaucoup plus loin encore puisqu'il dénonce Hurtak comme faisant partie d'une conspiration très sophistiquée visant à mettre sur pied une nouvelle religion mondiale, une sorte de syncrétisme reprenant des idées de l'Egypte ancienne, du Bouddhisme (surtout avec le Bouddhisme tibétain avec lequel les nazis ont entretenu un lien singulier) et du Christianisme mais " d'où l'Islam serait très curieusement absent " (les musulmans incarneraient l'ennemi "satanique"), restant de ce fait en phase avec l'idéologie d'une certaine frange des services de renseignements américains.
Vers une nouvelle religion
Pourquoi est-il si important de signaler cet aspect de la personnalité de Hurtak? Pour deux raisons: tout d'abord pour montrer que si le gourou de Gizeh s'intéresse aux Ovnis nazis, c'est qu'il s'agit d'un sujet très lourd, symboliquement et stratégiquement chargé, important et donc pas du tout anodin, anecdotique ou marginal dans l'ufologie. Et qu'ensuite, ses déclarations ne doivent pas être prises au pied de la lettre mais sont plutôt le fruit des réflexions d'un homme passé maître dans les opérations d'informations et de désinformations. Enfin, j'ai présenté à un proche qui travaille pour un service de renseignement militaire le profil du personnage, son passé, sa formation présumée et ses déclarations. Et pour ce "spécialiste" en qualité d'informations, Hurtak représente un agent désinformant typique à destination du grand public . "Pour le grand public, l'homme de la rue, au plus c'est gros, au plus c'est invraisemblable, au mieux cela passe et au mieux la désinformation remplit son rôle essentiel: déstabiliser ". Si l'on examine de plus près les conséquences des propos de Hurtak, ceux-ci discréditent totalement l'accident de Roswell "version Extraterrestres" et "version Blue Book" (le fameux ballon sonde par exemple) et accréditent la thèse selon laquelle les nazis possèdent des soucoupes volantes opérationnelles, sont en Antarctique et sont donc en relation avec une science supérieure, héritage d'une civilisation ancienne également supérieure et intraterrestre. La résurrection d'une sorte de mythe de l'Atlantide en quelque sorte qui va conforter le propre système de croyance de Hurtak (sur lequel Peter Moon greffe le sien, voir « the Black Sun ») dans lequel des extraterrestres, des divinités diverses, l'Egypte et la planète Mars jouent des rôles déterminants. Il s'agirait des ferments d'une nouvelle religion, nous précisent les auteurs de "Stargate Conspiracy". Ce n'est sans doute pas un hasard donc que Jan van Helsing ou encore Peter Moon brandissent Hurtak comme un spécialiste, un référent ultime et crédible pour asseoir leur thèse. Par ailleurs, Peter Moon, dans son livre "The Black Sun" établit une cosmogonie qui rentre très bien en résonance avec la vision du monde de Hurtak tout en s'attardant sur d'autres aspects. Dans le système de Moon, les nazis se sont en quelque sorte imposés comme des vecteurs de force incontournables car ils auraient compris les enjeux véritables des pouvoirs qui se manifestent dans notre univers, des pouvoirs qui passent par le Tibet, la religion des Bon et le Kalachakra, l'importance du symbole des pyramides que l'on retrouverait aussi bien dans l'Egypte ancienne qu'en Amérique du sud ou en Asie (pyramide de Shensi en Chine par exemple), le rôle fondamental joué par l'Arche de l'Alliance. Bref, Moon établit à son tour un syncrétisme religieux qui ne peut que ravir Hurtak et qui inclut les Nazis (Moon montre sa fascination mais ne les approuve pas tandis que van Helsing ne se démarque pas vraiment.). Van Helsing, malgré sa notoriété, affirme être en danger parce qu'il en sait trop et surtout, parce qu'il se serait exprimé en révélant au grand jour des vérités gênantes qui lui vaudraient l'inimitié des gouvernements et des grands de ce monde. L'homme entretient donc le mystère, ce qui a un effet marketing évident sur son image de marque. Mais par contre, il ne s'exprime jamais sur le fait que ses ouvrages ont été condamnés dans certains pays à cause de l'emploi qu'il a fait des Protococles en considérant de facto qu'il s'agissait de pièces authentiques. Tout comme pour David Icke, le plus gênant n'est pas tellement que les thèses de van Helsing soient reprises par des groupements d'extrême droite, après tout , il n'en peut rien, mais plutôt qu'il soit soupçonné très sérieusement d'avoir entretenu des relations avec des groupements autrichiens de l'ultra droite. Et qu'il n'ait rien fait pour mettre un terme à ces allégations. Voilà qui donne un autre parfum aux informations qu'il a divulguées sur les soucoupes volantes dans son livre.
"Un des modèles de BMW qui n'a jamais volé. Etude théorique"
D'autres prototypes loin de l'image des Vrils
Périodiquement, depuis le milieu des années 90, de nouvelles illustrations (les toutes dernières sont en couleur) surgissent sur le net sur les sites spécialisés dans le domaine des soucoupes nazies sans que jamais, une réponse pertinente ne soit apporté au mystère de leur origine. Karmapolis a mis la main sur une série d'esquisses, de représentations graphiques censées être des copies de documents ayant un jour existé dans les cartons des équipes de recherche à propos de projets d'armes miracles allemandes sans que nous ayons pu déterminer s'il s'agissait de projets menés par des cellules de recherches de la SS ou de Luftwaffe. Ces esquisses ont été publiées récemment dans un périodique allemand très spécialisé dans l'aviation militaire allemande de la seconde guerre mondiale, le magazine Flugzeug Profile n°23 édité par Flugzeug Publikations Gmbh. Cette maison d'édition qui s'adresse à des fanatiques de l'aviation de la dernière guerre, des spécialistes ou à des historiens militaires consacre chaque numéro de sa revue à un modèle d'avion particulier et ses versions successives qui y sont examinées sous tous les angles, comme par exemple le Messerschmitt BF 109 ou le 202 (le premier chasseur à réaction opérationnel), le Heinkel He219 ou Junker Ju87A. Cet éditeur consacra donc un numéro assez étonnant aux prototypes de soucoupes volantes développés surtout par BMW et dans une moindre mesure par Messerschmitt. Ce numéro est d'autant surprenant que traditionnellement, on évoque d'autres firmes comme étant les constructeurs de prototypes de soucoupes volantes : des auteurs comme Childress, Vesco ou même van Helsing mentionne à peine ces firmes et ces modèles, parlant plutôt de la participation de Skoda ou d'un consortium appelé Mittel-Werke, un constructeur qui aurait été créé par la SS et le général Hans Kammler . Manfred H. Franzke , notre correspondant de la revue en question avec lequel nous sommes rentrés en contact, nous a précisé que ces documents iconographiques provenaient d'Espagne, d'une revue spécialisée aujourd'hui défunte mais aussi d'un couple (Miranda/Mercado, très critiqués par les sceptiques) vivant à Madrid et d'un autre tiers qu'il n'est plus jamais parvenu à contacter. Notre correspondant est donc incapable de nous fournir les coordonnés du propriétaire de ces illustrations car il aurait disparu dans la nature. Malheureusement, pour des raisons techniques et de respect de droits, nous ne pouvons pas reproduire lesdites photos issues directement de la revue ainsi que les esquisses et plans de coupe des prototypes. Par contre, nous reproduisons certains modèles que la revue exhibe mais que l'on trouve également sur le web aux adresses suivantes…. Selon notre correspondant de la revue Profile, à l'époque de la parution du dossier sur ces soucoupes allemandes, le magazine avait reçu assez de garanties sur la crédibilité desdites illustrations. Il est vrai que les prototypes qui y sont présentés sont moins « révolutionnaires » que les Haunebu et autres Vrils quant à leur moyen de propulsion. Il s'agit en fait de la déclinaison d'une même idée développée par la firme BMW dont le premier modèle, le Flugelrad 1V1, modèle biplace est propulsé par une tuyère, une sorte de moteur à réaction sur lequel on a collé une aile en forme de disque. Avant cela, il y avait un prototype encore plus « primitif », le AS6.V1 (AS pour Arthur Sack , nom de l'ingénieur créateur), un aéronef propulsé par un moteur 8 cylindres de Messerschmitt BF109 ou de Junker 66. C'est une sorte d'avion monomoteur (dont il existe plusieurs photos de plus ou moins bonne qualité) qui ressemble de profil à l'ancêtre de ces petits avions d'observation (genre Cesna 01 Byrd Dog) mais dont l'aile est en forme de disque. Entre 1939 et 1944, BMW aurait donc développé au moins sur le papier le Flugelrad 1V1 et le 1V2, le Flugelrad 2V1 et 2V2 (3 ou 4 places, biréacteurs), et la série 3V, modèles assez impressionnants pouvant accueillir 6 ou 7 passagers (2 à l'avant, 4 à l'arrière) sur deux niveaux. Pour donner une idée de la masse de ces engins, le 1V2 - l'un des plus petits - pèserait 10 tonnes et pourrait théoriquement se propulser à 800 km/h à une altitude de 17.000 mètres. Ces engins ont-ils vraiment volé ? « Non, pas un seul » nous affirme Manfred Franzke , un fait qui a été confirmé d'une autre manière par Nick Cook. « Seul les modèles Arthur Sacks AS6 ont réussi à faire un très court saut de puce au cours de leur décollage.... " nous précise Franzke. Mais les modèles les plus sophistiqués n'étaient que des projections théoriques des futurs projets. Pour les sceptiques, cette autre vague de prototypes de BMW ou de Messerschmitt n'ont jamais été développés, construits et donc n'ont pas pu décoller bref, il s'agirait d'une autre forme de mystification, la preuve étant que la firme BMW n'a jamais reconnu avoir développé ce genre de machines. Mais Tim Mathews , un chercheur spécialisé en Ovnis nazis et armes miracles allemandes dont nous reparlerons affirme le contraire et croit en la réalité de certains de ces prototypes. L'intéressé précise que le AS6 par exemple et les recherches sur les ailes circulaires avaient pour buts de créer des appareils à décollage très court – l'idéal pour un porte-avions - mais également de profiter des vertus de furtivité et donc de discrétion de ce genre de voilures par rapport aux radars. Aucun rapport donc avec de fumeuses propriétés de sustentation, d'aérodynamisme, d'antigravitation et autres magies du Vril. Nous reviendrons sur le cas Mathews à la fin de ce dossier car il est représentatif d'une certaine « nouvelle attitude » parmi les croyants dans ce secteur de l'ufologie. Ces idées de furtivité et de décollage court ou vertical donne une toute autre portée plus crédible à ces prototypes.
Vues du AS 6 Arthur Sachs équipé d'un moteur 8 cylindre Messerchmitt
fabriqué pour tester le concept d'une aile circulaire.
Les Foo Figthers et le mythe Uranus
Dans cette même revue allemande - Flugzeug Profile n°23 - on trouve aussi les représentations des mystérieux Foo Fighters, ces drones sans pilotes, ces fameuses boules de feu qui effrayaient tant les pilotes de bombardiers alliés et dont le rôle étaient selon les « croyants » de brouiller les radars, voire de griller les installations électriques des avions ennemis. Messerschmitt et Zeppelin seraient deux des maîtres d'œuvre de ces projets comme le Flakmine Kugelblitz (« mine volante boule de tempête »), le Zeppelin Werke V7 Feuerball ou encore le Kreisflugel J 1254. Voilà ce que nous en dit Childress et Vesco dans Man Made UFOs : « Ces machines totalement originales étaient circulaires, blindées et ressemblaient plus ou moins à la carapace d'une tortue pour certains modèles . Elles étaient équipées d'un moteur turbo jet spécial également plat et circulaire avec des tubes klystron et un additif chimique pour ioniser l'atmosphère dans les environs des avions et qui généraient un grand halo de flammes brillantes. De ce fait, on les a appelées « boules de feu ». Elles étaient sans armes et sans pilotes et étaient radio contrôlées au moment du décollage. Ensuite, elles suivaient automatiquement les appareils ennemis, attirées par l'échappement , les flammes et la chaleur pour s'approcher suffisamment sans toutefois entrer en collision de façon à ne pas détruire leur propre dispositif de manœuvre par radar. Elles étaient quasi indétectables par les radars américains les plus puissants de cette époque… ». Childress et Vesco parlent surtout de l'implication d'un établissement aéronautique, le F.F.O (Flugfunk Forschungsanstalt oh Oberpfaffenhoffen) en ce qui concerne le dispositif de radioguidage. La construction en elle-même aurait été prise en charge par la firme Zeppelin Werke (ce qui est concordant avec les informations de la revue Profile) qui s'était installée pour l'occasion en Autriche dans des installations souterraines sise dans le Schwarzwald. Ces Foo Fighters seraient avant tout des projets dépendant de la sphère d'influence de Hermann Goering , le patron de la Luftwaffe mais aussi d'un immense empire industriel qui se trouvait être en compétition avec un autre empire, celui de Heinrich Himmler , le Reichfürher SS, grand concurrent qui aurait lui aussi joué un rôle moteur dans ces armes miracles. Tels sont du moins les hypothèses des croyants. Et à côté des sceptiques, pour compliquer l'affaire, il y a ceux qui croient que ces Foo Fighters ont existé mais qu'ils n'étaient ni allemands, ni américains mais d'origine inconnue. Des gens parfois très sérieux ont même évoqué l'existence d'une commission d'enquête – le Sonderburo 13./projet Uranus – instituée par Goering pour enquêter sur l'origine de ces Foo Fighers. Un projet Blue Book avant la lettre ? Rien n'est moins sûr.
Ainsi, l'ufologue français Bernard Bidault , sans doute crédule et égaré comme je le fus jusqu'il y a peu, évoquait à l'occasion d'une conférence qu'il donna à Bruxelles en avril 2004 à l'hôtel Atlas l'existence de cette commission Uranus, soit disant mise en place dès 1942 par Hermann Goering. Des films et des photos de qualité en quantité incroyable auraient été pris puis conservés et estampillés "Top Secret" à la fin de la guerre par les alliés qui avaient mis la main sur les archives allemandes pour les faire disparaître dans les limbes. Entre autres spécialistes que nous avons contacté sur le sujet et qui a eu la gentillesse de nous répondre, Jean-Luc Rivera de la gazette Fortéenne me signala le fait qu'il s'agissait d'un mensonge et que Tim Mc Lure s'était penché sur la question avec précision, mettant alors en évidence le fait que cette commission allemande était un canular, une blague de mauvais aloi. Mc Lure rapporte lui-même les découvertes d'un de ses collègues, Andy Roberts qui s'est entretenu avec l'auteur de cette fausse rumeur qu'était devenu à la longue le projet Uranus : il s'agit en fait de l'ufologue français Henry Durrant , qui dans son ouvrage « le livre noir des soucoupes volantes » invente l'existence de cette commission Uranus menée par le Sonderburo 13, chargé d'enquêter sur l'existence des Foo Fighters, les Allemands croyant qu'il s ‘agissait d'une arme secrète des alliés. Et Durrant d'avouer qu'il s'agit de sa part d'une œuvre complète de son imagination, d'un canular qu'il avait inventé et inséré dans son livre précisément pour voir « qui allait rapporter cette histoire sans la vérifier ». Cette fausse information a très bien fonctionné comme on le voit puisqu'on en parle abondamment sur le Web, puisque le très célèbre ufologue britannique Timothy Good se serait laissé prendre à l'affaire en répercutant l'existence d'Uranus dans un de ses livres, nous affirme encore Mc Lure. Et l'on en trouverait même une trace dans le rapport français Cometa, ce qui semble exact puisque le rapport stipule à propos de Foo Fighters : « ces observations ont causé beaucoup de soucis aux autorités alliées qui ont pensé au départ à un procédé secret allemand. Il est apparu clairement à la fin de la guerre qu'il n'en était rien. Il semble que de leur côté, les pilotes allemands aient été persuadés qu'il s'agissait d'une arme secrète américaine. Une commission d'enquête aurait même été créée à Berlin pour l'étudier… Les archives relatives aux Foo Fighters semblent avoir été soumises au secret militaire au moins jusqu'en 1949. De nombreuses observations sur des objets beaucoup plus gros en forme de cigares, de disques ou de sphères ont été consignées dans les deux camps ». Voilà donc en quelques lignes l'opinion des experts de Cometa qui semblent s'être fait également bernée par Durrant à moins qu'ils évoquent l'existence d'une autre commission et d'une autre source. De toute évidence, pour Cometa, Ovnis et Foo Fighters ne sont pas d'origine allemande.
Science nazie versus science "judéo-chrétienne"?
En matière d'armement, il y a une observation que l'on peut faire et qui semble emporter l'adhésion de presque tous : les recherches allemandes étaient d'une part en avance sur leur époque et d'autre part, les scientifiques nazis semblent avoir exploré d'autres pistes que celles de la science plus conventionnelle, appliquant ainsi d'autres solutions que celles empruntées par leurs collègues américains, anglais, russes ou français un peu comme si dès le départ, les scientifiques allemands avaient décidé de vivre en autarcie, dans un autre monde, rejetant d'un geste méprisant les solutions apportées par " les scientifiques décadents du monde judéo-chrétien " (propos tenus par Hitler et rapportés par Albert Speer ). C'est ainsi que la SS, la Luftwaffe et dans une moindre mesure la Wermacht ont mis sur pied des structures très compartimentées, très richement dotées et ayant quasi tous les pouvoirs afin de poursuivre de nombreux programmes de recherches en matière d'armements. De l'artillerie lourde aux blindés (comme les monstres que furent les Tigres et le Panthère), des premiers chasseurs jets aux premiers missiles filoguidés, des mortiers légers aux mitrailleuses légères, l'Allemagne nazie, dès le milieu de années 30 apportait des solutions originales et parfois très sophistiquées, jetant sur les champs de bataille des armes totalement innovantes dont des copies figurent encore aujourd'hui dans nos arsenaux. Le pourquoi de cette avance demeure un mystère qui a laissé la place à de nombreuses spéculations dont se sont délectées les groupements d'extrême droite. Le rejet irrationnel et haineux de la science et de la relativité Einsteinienne par les nazis les auraient peut-être poussés à un bon créatif obligatoire à très court terme, un sursaut nécessaire et indispensable à la survie de leur modèle de société. Pour pas mal de conspirationnistes, emboîtant le pas aux contestés essayistes français Louis Pauwels et Jacques Bergier , ce serait plutôt la magie, le lien ésotérique du nazisme et de Hitler avec des "Supérieurs Inconnus", avec des sortes d'entités extraterrestres, qui auraient permis à la société militariste allemande cet inexplicable bond en avant. Dans leur étrange, passionnant et très décrié essai "le Matin des Magiciens", Pauwels et Bergier mettent en évidence le fait que les nazis étaient persuadés qu'il existait " une science secrète, une magie à la base de toutes les sciences". "Il y a , disait Hitler, une science nordique et nationale socialiste qui s'oppose à la science judéo-libérale ". Cette science "nordique" est , selon Pauwels et Bergier un ésotérisme qui prendrait sa source dans tout ce qui constitue le fond de l'ésotérisme . Et les auteurs de se justifier ensuite: " Ce n'est pas bien entendu que nous cherchions à revaloriser le nazisme, on l'admettra sans peine. Mais cette pensée s'est inscrite dans les faits. Elle a agi sur les événements. Il semble que ces événements ne deviennent vraiment compréhensibles que sous cet éclairage. Ils restent horribles mais éclairés de la sorte, ils deviennent autre chose que des douleurs infligées aux hommes par des fous et des méchants, ils donnent à l'histoire une certaine amplitude, ils rétablissent celle-ci au niveau où elle cesse d'être absurde et mérite d'être vécue, même dans la souffrance: le niveau spirituel. Ce que nous voulons faire comprendre, c'est qu'une civilisation entièrement différente de la nôtre est apparue en Allemagne et s'est maintenue pendant quelques années. Qu'une civilisation aussi profondément étrangère ait pu s'établir en un rien de temps n'est pas, à y regarder, impensable... ". Allez dire cela aux survivants des camps de Dora ou de Peenemünde, les atroces usines d'armements profondément enterrées et qui ont coûtés des milliers de vies humaines, allez leur expliquer le « sens spirituel » de la souffrance et la grandeur de l'histoire ! Mais là n'est pas le sujet central de cet article. Il ressort plutôt des propos de Bergier et Pauwels que l'avance technologique et scientifique allemande ne peut s'expliquer que par un niveau ésotérique, quasi magique ou à tout le moins incompréhensible à nos critères d'analyse habituel du monde et intraduisibles en termes conventionnels. Pauwels et Bergier ne sont pas les seuls à partager cette opinion. On peut même dire - c'est cela qui est à la fois étrange, agaçant et séduisant- que toutes les personnes même les plus sceptiques qui se sont penchées sur le problème de cette avance technologique nazie et sur l'existence de disques volants en sont tous venus à se dire qu'il y avait quelque chose d'inexplicable. (suite)
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par magiedumoment

Dans le monde ufologique, la question d'une possible origine humaine des OVNIS (ou de certains d'entre eux), de ces disques (ou triangles) volants aux performances incroyables a taraudé une partie assez marginale des enquêteurs et des spécialistes en ufologie, et à l'occasion, certains chercheurs et historiens en aéronautiques à l'esprit plus ouvert. Car il faut dire que le dossier est chaotique, complexe, rachitique en matière de preuves matérielles incontestables et qu'il a surtout des relents nauséabonds. C'est devenu -on le comprend aisément- un sujet "politiquement incorrect" parce que récupéré par la frange "ésotérico-scientifico-historique" de l'extrême droite. Pour certains enquêteurs, cette affaire d'Ovnis nazis ne serait qu'une grossière fabrication historique destinée à de bien sombres buts. Le mythe des Ovnis Nazis ferait vendre au grand public des millions d'exemplaires de livres plus ou moins bien ficelés, aux relents pro-nazi dont les bénéfices permettraient de financer la diffusion d'une littérature encore plus indigeste: le révisionnisme et la négation de l'holocauste. Tout ceci serait donc l'œuvre de faussaires plus ou moins doués. Malgré un malaise évident, malgré la certitude que certains des "auteurs" de ces articles et livres sur les Ovnis nazis flirtent avec l'extrême droite, il est ardu de départager les deux camps; celui des sceptiques et celui des croyants car l'un et l'autre n'amènent aucune preuve matérielle incontestable permettant d'emporter une fois pour toute le morceau. A notre sens, il ne suffit pas de dire qu'une chose a l'air absurde pour qu'elle le soit effectivement. Encore faut-il amener des éléments matériels solides. Nous ne pouvons également nous empêcher de penser que peut-être, tout ne mérite pas d'être jeté dans les poubelles de l'histoire sous prétexte de dérapages idéologiques fumeux qui pourraient se révéler être la meilleure couverture possible contre les esprits trop fouineurs.
Ovnis nazis : croyants versus sceptiques
Avant de rentrer dans le vif du sujet, un mot d'abord sur la disponibilité des informations sur le sujet des Ovnis nazis. Autant dire que la recherche d'informations de « première main » est très difficile voire impossible et c'est sans doute le sujet ufologique le plus rétif à l'analyse et qui nous a donné très curieusement le plus de difficultés. Certes, sur le Web, si vous tapez « Ovnis nazis » ou « Nazi Ufo » dans un moteur de recherche, vous trouverez pléthore de sites et d'informations mais qui sont presque tous du même tonneau, à savoir une approche conspirationniste du problème dans le registre « fantastique » et sans références précises, sans grand recul ni discernement. Ce qui est étrange, c'est que la majorité des personnes « croyantes » qui ont écrit sur le sujet ont toutes adopté un même canevas, se copiant et se créditant les unes les autres à propos d'une même présentation de l'affaire que l'on sait pourtant être douteuse. Douteuse parce que les témoignages des très rares protagonistes de cette époque sont quasi inexistants ou d'origine très contestée. Des propos et des histoires sur le mode du « c'est à prendre ou à laisser », des anecdotes qui nous contraignent soit à un acte de foi aveugle, soit à un rejet prudent, cynique et parfois tout aussi aveugle. Tous le savent et pourtant, ces auteurs continuent à présenter certains faits tout à fait invérifiables comme étant d'incontournables vérités historiques (l'existence des Vrils, des Haunebu, les vols d'essai de certains prototypes et leur performance supposée, la biographie de certains des inventeurs nazis, les bases nazies en Antarctique etc.). Lorsque l'on tente de rentrer en contact avec ces auteurs croyants et enthousiastes, ils se montrent aussi intarissables qu'aimables. Comme par exemple Peter Moon , alias Vince Barbarik de la bande du Montauk Project, d'une part absolument affable, serviable et passionné et croyant totalement en son propos ; d'autre part décrié, critiqué et dont l'honnêteté et la véracité des enquêtes ont été mises en doute à de nombreuses reprises. L'homme est entre autre chose l'auteur d'un livre « The Black Sun » (éditions Sky Books) traitant du nazisme sur un mode ésotérique et occulte mais aussi des relations des idéologues du 3ième Reich avec une secte tibétaine, avec des sociétés secrètes avec en toile de fond l'usage de technologies exotiques, notamment les soucoupes volantes. Il nous a accordé un entretien téléphonique sans aucune réticence.
Par contre, les détracteurs et les sceptiques sont très curieusement soit très réticents à répondre à nos questions, soit font carrément mine de vous ignorer pour des raisons qui m'échappent à ce jour. Comme par exemple, le chercheur hollandais Théo Paijmans , auteur d'une enquête sur le sujet (surtout sur l'affaire Vril) et apparemment unanimement appréciée par le « clan » des sceptiques et à qui j'ai envoyé de nombreuses demandes d'interviews, me recommandant de personnes qui lui sont proches. Le mystérieux hollandais terre à terre ne nous a même pas envoyé un accusé de réception ou un simple refus… Peut-être, en guise d'explication partielle à cette apparente mauvaise volonté, je vous renvoie aux propos de Kevin Mc Lure , un sceptique assez consciencieux qui a la vision la plus pénétrante de l'affaire en affirmant que ce domaine de l'ufologie est très chaud et qu'il est très inconfortable, voir périlleux de se trouver dans le camp des sceptiques. L'attitude très frileuse de Nick Cook par exemple quant à ma demande d'interview est sans doute également très révélatrice. Pour rappel, Nick Cook est un consultant très apprécié en aérospatiale et en aéronautique pour la vénérable et très sérieuse institution qu'est le « Jane's Defence Weekly », média on ne peut plus respecté en matière d'aérospatial, de renseignements, de défense nationale, de sécurité et d'armements. Après un premier échange très civil de courriels, Nick Cook, que j'avais mis au courant de mes intentions de parler des Ovnis nazis, du conspirationnisme version « lunatic fringe » incarné par des gens comme Icke , van Helsing , Branton etc… et du fait qu'une frange très particulière l'extrême droite (spécialisée en littérature révisionniste du genre Ernst Zündel ) se délecte du sujet, Nick Cook donc s'est subitement ravisé pour m'affirmer : « Comme vous le savez de par mon livre, je me suis expliqué très longuement à propos des affirmations folles émanant des gens que vous mentionnez dans vos questions (van Helsing, Icke etc…) et par conséquent, je suis en quelque sorte très peu enclin à me voir impliqué dans ce débat même si je peux voir que votre article sera rédigé pour toutes les bonnes raisons… J'espère donc que vous allez me pardonner de décliner de répondre à votre demande d'interview à cette occasion ». Signe incontestable d'un malaise et sans doute d'un ras-le-bol du seul « consultant » professionnel en aérospatial qui se soit exprimé sur le sujet dans son livre « the Hunt for Zero Point », ouvrage qui a été très critiqué aussi bien par les sceptiques sans doute déçus de la position et les conclusions de Cook que par les « croyants » qui ne retrouvaient pas dans l'ouvrage les histoires relatives aux Vril , Haunebu et aux bases nazies en Antarctique.
Fantasmes douteux
Depuis que des indices ont été rassemblés avec plus ou moins de rigueur par certains chercheurs pour asseoir l'hypothèse selon laquelle les Nazis, plus particulièrement un cartel militaro-industriel très organisé et compartimenté mis en place par la SS aurait développé des programmes de recherches dans le domaine des disques volants et de toute une série d'armes exotiques, on constate que la couverture "médiatique" de ce sujet sent subitement le souffre. Et ce, de façon tout à fait compréhensible puisque de nombreuses histoires aux allures rocambolesques, ésotériques et bien sombres ont été récupérées et sans doute brodées par l'extrême droite conspirationniste afin de conférer à Hitler et à son ordre noir une aura de magie et d'invincibilité, une sorte de légitimité quasi divine et un parfum d'éternité. Grâce à la perpétuation de certains mythes (une réalité pour certains!) comme celui de la fuite d'Hitler en Antarctique vers un nouvel Eden abritant les secrets de l'invulnérable race Aryenne alliée à une civilisation intra terrestre très en avance sur nous, pauvres terriens mortels, on réactualise l'idéologie et la science nazie. Ou par exemple encore, l'hypothèse de la terre creuse, une vision typiquement germanique de la cosmogonie, installant une sorte de paradis sur terre ou plutôt à l'intérieur de la terre, le centre de la planète étant constitué par un cœur en fusion qui fait office de soleil et les continents intérieurs étant "collés" sur la surface interne, concave de notre bonne vieille croûte terrestre. Les tenants contemporains de cette thèse affirment que les photos satellites des pôles sont en fait maquillées afin de ne pas révéler au grand public l'existence de trous, de véritables gouffres permettant de passer de la surface extérieure de la terre vers ce mystérieux monde intérieur. Et pour mieux nous faire avaler cette histoire, on nous parle d'anomalies climatiques aux Pôles, de découvertes d'éléments de faunes et de flores que l'on ne trouve pas sous ces latitudes mais plutôt sous des climats tempérés ou encore d'observation d'animaux fabuleux aujourd'hui disparus comme les mammouths. Des tas de choses invérifiables qui sont en totale contradiction avec les récits et observations des très nombreux explorateurs, randonneurs, skippers, fanatiques de traîneaux tirés des attelages de chiens etc. A moins qu'ils ne fassent eux aussi partie d'une conspiration. Mais bon, le problème n'est pas tellement que ces thèses existent, - après tout, pourquoi pas (voir à ce sujet la mystérieuse expédition de l'Amiral Byrd en 1947 dont on peut trouver des traces fugaces à la bibliothèque du Congrès US mais dont le but a été interprété par certains et l'histoire, réécrite sans preuves!) - mais bien qu'on nous les assène comme des faits, des évidences en nous affirmant que les preuves innombrables existent mais qu'elles ne sont pas vraiment disponibles pour deux raisons: d'abord parce que personne (sauf des milieux très autorisés) n'y croit (et donc, qu'on ne financera jamais des recherches officielles) et qu'ensuite, le gouvernement américain ainsi que ceux de certaines autres nations ayant autorité sur des parties de l'Antarctique et de l'Arctique se seraient arrangés pour occulter ou censurer lesdites preuves. Et puis surtout, le plus gênant est que cette thèse n'est que le prolongement des recherches menées par des gens comme Hans Horbiger et ses disciples, un véritable exalté raciste et colérique qui a enflammé l'imagination de Hitler et de certains de ses proches et qui aurait par la suite orienté toute la recherche scientifique nazie. Et dans l'esprit de Horbiger, créateur de la stupéfiante théorie de la glace éternelle (théorie sur les cycles climatiques de la terre et de l'influence de la lune), la terre ainsi que toutes les autres planètes ne peuvent qu'être creuses. Pour Horbiger et consort, la terre est une sorte de dynamo qui agit en interaction avec d'autres dynamo, les sociétés humaines pour autant qu'elles soient correctement dirigées et composées de races pures aryennes. Il convient de savoir profiter des cycles de la terre, cycles qui favoriseraient la croissance des civilisations vers la grandeur dans tous les sens du terme (à cause de la gravité et de l'influence de l'attraction entre lune et terre qui auraient permis la création de races de géants). On a vu où ce genre de théorie pouvait mener. Et surtout, on voit très précisément que la résurrection de ces thèses -qui méritent certes d'être examinées mais sans adjonction idéologique ou ésotérique- profite à certains groupements idéologiques ou sectaires et permet de perpétuer au cœur du public l'image d'un Reich magique et éternel. Dans le même ordre d'idées, les disques volants nazis et la façon dont ils ont été présentés sur le Web et dans certains ouvrages prolongent également cette idée pernicieuse d'une supériorité magique, quasi de droit divin ou de droit extraterrestre dont les nazis seraient les héritiers. Un parfum douteux qui fait fuir tous les ufologues raisonnables et qui, dans l'hypothèse d'une dissimulation, se révèle être un merveilleux repoussoir.
Ovnis nazis et révisionnisme historique
Pour les gens du Fortean Magazine - un groupe de recherche assez pointu et incisif en paranormal que l'on trouve sur le Web-, l'affaire des Ovnis construit par la SS n'est qu'une vaste blague (ils ne sont pas les seuls à penser cela), une fraude grossière qui s'est développée chronologiquement en 3 phases temporelles successives et dont le but principal était double: atteindre le grand public avec un sujet qui rendrait les nazis "attirants", ce qui permettrait de faire passer l'air de ne pas y toucher certaines idées qui, dans un autre contexte seraient totalement "invendables", des idées révisionnistes à propos d'une supériorité scientifique, technologique, quasi magique du nazisme, des SS et du 3ième Reich. Pour illustrer ce fait, un des chercheurs du Fortean a repris les propos proférés par le très prolifique et actif Ernst Zündel , l'un de ces auteurs qui a pondu quantité de textes sur les disques nazis, qui possède son propre site Internet (The Zundelsite), son organisation (Samisdat Antarctik Expedition) et qui se serait exprimé tant à la radio que dans ses publications en ces termes: " Je réalise que j'ai découvert un outil médiatique extrêmement puissant avec ce sujet (ndr: les soucoupes nazies) qui pouvait m'amener à apparaître à de multiples reprises dans des shows télé et radio afin d'exposer à de larges audiences d'autres sujets plus "politiquement incorrects"...J'ai ainsi pu glisser de plus en plus d'allusions sur le "révisionnisme historique".... J'ai aussi parlé des procédures de désinfection utilisées pour protéger les travailleurs de valeur employés dans les usines de Dora-Mittelwerke qui fabriquaient les fusées... J'ai pu faire mention des installations médicales dans les camps de concentration, le nombre de calories dans les repas servis aux détenus etc...Mes livres sur les Ovnis eux-mêmes comportent de nombreux messages très importants politiquement mais qui dans un autre contexte seraient impossibles à exprimer comme le programme du parti national-socialiste, les analyses de Hitler sur la question juive... Avec toute cela, j'ai pu amasser un bon paquet d'argent! L'argent que j'ai récolté grâce aux livres sur les Ovnis, je l'ai réinvesti dans la publication d'opuscules sur "le mensonge d'Auschwitz", le petit livre du Dr Austin App sur "l'escroquerie des 6 millions de morts et un regard honnête sur le 3ième Reich" et aussi, plus tard, dans un autre livre écrit par Richard Harwood : "est-ce 6 millions (de juifs) sont-ils vraiment morts.("Did 6 million really dies").?. ". Voilà des phrases qui, si elles ont été vraiment proférées par Zündel, ont le triste mérite d'être directes et qui nous en apprennent beaucoup sur les intentions du personnage: lorsque la construction d'un mythe ufologique sert à financer la propagation d'un autre mythe, une vicieuse campagne révisionniste bien épaisse et haineuse. Et comme dit l'auteur de l'article du Fortean: " les fictions de Zündel à propos des Ovnis nazis ont pu financer la distribution du matériel révisionniste à travers le monde de façon tout à fait substantielle ". Et de conclure que Zündel doit être aussi peu crédible dans sa perception de l'holocauste et du 3ième Reich que dans sa vision du programme nazi en matière de disques volants. Voilà qui donne à réfléchir. Malheureusement, pour en revenir à l'analyse du chercheur du Fortean, le reste de son analyse critique sur les Ovnis nazis pèche par certains raccourcis un peu brutaux, une façon de dire par exemple que telle ou telle anecdote, telle ou telle affaire racontée par tel ou tel auteur sur les soucoupes nazies n'a tout simplement jamais existé, point final. Ce qui nous laisse sur notre faim. Comment le sait-il? Sur quel élément historique se base-t-il pour raconter, de façon abrupte que par exemple le Général Hans Kammler dont nous parlerons plus tard n'a jamais eu aucun rapport avec la construction de soucoupes volantes et de recherches sur l'antigravitation? Le simple argument qui consiste à dire que si ces recherches et ces projets d'armes "super" miracles des nazis avaient vraiment existé, les historiens les auraient repérées et cela se serait su, nous semble un peu court. Une sorte d'appel à un bon sens, à une logique qui ne mène pas bien loin. On pourrait dire la même chose de la critique acerbe que le Fortean fait du travail de Nick Cook , ce journaliste anglais, consultant pour le très respectable Jane's Defence Weekly qui a consacré un livre sur l'antigravité et les recherches des nazis en la matière et sur lequel nous nous attarderons. La critique nous semble également brutale et peu argumentée également. Certes, Cook a pu se faire "balader" par l'un ou l'autre témoin aux intentions plus ou moins troubles, certes, il a peut-être un peu trop facilement accordé du crédit aux propos du fils de Victor Schauberger ou à ce chercheur polonais, Igor Witkowski (voir plus loin). Mais il n'y a pas que cela dans son livre. Car l'ouvrage de Cook est dense, réalisant un bon équilibre entre vécus et faits historiques et rapporte une vision subtile du problème. Mais nous y reviendrons.
Les Ovnis nazis entre argent et idéologie
Revenons à Zündel car le personnage mérite que l'on s'y attarde. Sous le nom de Christoph Friedrich , cet Allemand (né en 1939), commercial dans l'âme, établi au Canada (vers l'âge de 19 ans), a écrit nombre d'articles, de livres ("Ufos Nazi secret Weapon?", "The Cia-Kgb Cover-up", "The Antarctica Theory", The Last Battalion") et a surtout réussi à mettre sur pied une véritable PME sur les OVNIS nazis. C'est lui qui par le biais de son "organisation" Samisdat a voulu récolter 2 millions de dollars pour financer une illusoire expédition en Antarctique dans le but de prouver "la théorie de la terre creuse" et la "recherche des bases de soucoupes volantes de Hitler". Chaque participant , "chaque chercheur qui veut véritablement se vouer à l'Ufologie " sera tenu de verser à l'organisation un minimum de 10.000 dollars pour participer ou posséder des parts dans l'expédition. Il était piquant de constater qu'au terme de la newsletter qui conviait les membres et amateurs du site de l'organisation à mettre la main au porte-monnaie, une menace de se faire tout bonnement virer du cercle des intimes y était clairement inscrite si l'on faisait pas chauffer sa carte de crédit: " Tous ceux qui ne répondraient pas à cette lettre ou qui n'achèteraient aucun livre et objet « Samisdat » seront éliminés de notre mailing list. Nous sommes désolés qu'une telle politique soit nécessaire mais il le faut si nous voulons demeurer une organisation active, dynamique et de premier plan dans ce domaine de recherches multi-facettes... Les exclus ne connaîtront donc pas la vérité et ce que nous découvrirons au cours de notre future expédition... ". Et Zundel alias Friedrich de conclure qu'il conservait "toute sa sincère gratitude aux seuls supporters de Samisdat qui ont su montrer de la loyauté, de la fidélité et de la diligence.. . " . On croit rêver avec cette « fidélité au chef ». Mais il faut croire qu'il n'y a que les grosses ficelles marketing teintées d'un brin de menace qui portent ses fruits. On le comprendra, Zundel défend la thèse que la plupart des Ovnis, si pas la totalité sont d'origine humaine, très vraisemblablement construits ou inspirés par le génie des nazis. Pour lui , "les charlatans des soucoupes volantes ont tenté pendant plus de 30 années de dissimuler la vérité derrière des fantasmes et des contes de fée à propos de petits hommes verts ". C'est donc l'un des sens qu'il donne à ce qu'il désigne comme une conspiration ufologique. Et outre son intérêt marqué pour le révisionnisme historique, il diffuse et inspire sans doute le plus de textes ces dernières années sur les bases nazies en Antarctique et sur la théorie de la terre creuse. Il se présente enfin comme ayant été le " seul prisonnier d'opinion au Canada " puisqu'il a connu certains démêlés judiciaires avec les autorités canadiennes pour infraction aux lois relatives à l'émigration mais aussi et surtout pour avoir publié et distribué de la littérature révisionniste comme le fameux "Did Six Million Really Die?" et fut condamné au début des années 80 à une peine de 15 mois de prison en première instance pour obtenir dans le cadre d'un autre procès en 1993 devant la Cour Suprême du Canada, l'équivalent belge ou français de la Cour de Cassation la reconnaissance d'une violation de sa liberté d'expression. Diverses organisations anti-racistes canadiennes ont poursuivi Zündel afin qu'il ait à répondre de ses actes par rapport aux lois réprimant l'incitation à la haine raciale et afin qu'il arrête de publier du matériel révisionniste. Ce judéophobe convaincu (il n'est pas le seul, nous le verrons !) estime bien entendu que les ennuis qu'il a connu et qu'il connaît ces derniers temps (pour infraction à l'émigration) proviennent du fait que les gouvernements et autres lobbies veulent le faire taire car il veut révéler "la vérité sur les Ovnis".
Côté francophone, dans le même registre, on peut citer le cas plus anecdotique de Jean-Claude Monet , alias Karl Thor, qui se présente lui-même comme l'héritier d'Hitler. A partir de 1961, l'intéressé va fonder toute une série d'associations hétéroclites, sortes de groupements hybrides politico-ésotérique: le parti national-socialiste ouvrier français (mouvement néo-nazi), l'organisation des Vikings de France, le Parti prolétarien national socialiste et enfin, l'U Xul Klub, qui se présente comme une émanation de la Golden Dawn. Monet affirme être "commandant des Forces spatiales extraterrestres" et se confère le titre de grand pacificateur du monde. Son groupe le U-Xul Klub comptait à la fin des années 90 une cinquantaine de membres selon Renaud Marhic de la revue Phenomena et s'apparente plus aux activités d'une secte que d'un parti ou d'une milice nationale-socialiste même si, dans ce cas de figure, les différences entre les deux formes d'organisation sont peu signifiantes et opérantes. Repéré par la commission parlementaire anti-secte française, les adeptes de Monet se sont regroupés sous l'appellation du club des "surhommes", vénèrent la mythologie des Ovnis nazis et considèrent les vaisseaux Vrils comme "l'arme absolue". Certes, ce phénomène est marginal mais il dénote sans ambiguïté l'idéologie qui environne bien souvent le thème des Ovnis nazis et la façon dont l'affaire est récupérée. Monet avait prédit l'apocalypse pour juillet 1999.
« Pas des nazis d'opérette »
Peter Moon , bien que faisant partie de la frange des « croyants » en l'existence de disques volants type Vril ou Haunebu confirme qu'à son avis et au fil de son expérience de « conspirationniste », une partie non négligeable de l'Ufologie et du conspirationnisme a été infiltrée et récupérée par l'extrême droite. Il nous a déclaré dans l'entretien qu'il nous a accordé : « A mon sens, tout cela (le fait que l'on parle de plus en plus des soucoupes nazies) ne relève pas du hasard, c'est une chose volontaire, préméditée par des gens qui manipulent tout cela… Il y a de toute évidence une connexion, ce que les gens ont une étrange tendance à ignorer ou à nier. Mais connexion, il y a. J'ai écrit là-dessus de nombreuses fois. ». Moon croit donc en une sorte de conspiration nazie, pas une conspiration d'opérette menée par quelques néonazis, miliciens adeptes de la survie, skinheads et nostalgiques du régime hitlérien mais bien à un plan d'ensemble (dont l'affaire des Ovnis n'est qu'une petite facette) qui a démarré en ce qui concerne les Etats-Unis avec l'opération Paperclip par l'infiltration et la main mise d'anciens de la SS, de la Gestapo et du SD (renseignement de la SS) sur la CIA et les diverses agences de renseignements dans leur lutte contre le communisme. Un groupe de gens « farouchement antisémites, une sorte de société secrète », précise encore Moon « que j'ai appelée « Bon » ( à la base, les « Bon » se révèlent être une secte religieuse tibétaine) dans mon livre « the Black Sun », des gens qui ont entretenu un rapport certain par exemple avec l'islamisme radical et le 11 septembre… ». Il ajoute : « J'ai rencontré deux personnes qui ont participé à une réunion des « Bon » à New York. A la suite de cette réunion, ils savaient que quelque chose de grave allait se passer à New York et ils ont quitté la ville et le pays avant le 11 septembre, un mois avant je crois. Ils ont prédit ce qui allait arriver. Ils font partie donc d'un groupe composé de vrais antisémites qui dispose de connexions industrielles avec des technologies secrètes ... Le dénominateur commun entre la CIA et les arabes, ce sont les nazis… Une sorte de 5 ième colonne d'individus affiliés aux nazis. Mais c'est une autre histoire, nous sortons du sujet .». Poursuivant sur cette même thématique, Moon illustre encore son propos avec l'affaire Adamski (note : un des plus célèbres « contactés » des années 50 qui aurait été visité par des extraterrestres): « vous savez, le témoignage d'Adamski n'est pas innocent. Les gens qui ont soutenu Adamski étaient en relation avec des nazis ou bien c'étaient des néonazis. Avec en toile de fond, cette idée que les extraterrestres étaient des individus de grande taille, blonds avec des yeux bleus, s'exprimant avec un accent allemand. Les nazis croient en ce qu'ils croient quelles qu'en soient les obscures raisons mais ils représentent ou soutiennent tout ce qui entoure cette technologie Ovni. J'ignore pourquoi c'est ainsi mais c'est ainsi ! » Et de conclure sur le scepticisme qui entoure l'affaire : « écoutez, si c'était une vaste blague, une manipulation, il n'y aurait pas eu tant de livres et d'articles parfois rédigés par des gens faisant partie du « mainstream journalism » reconnaissant que les nazis avaient mis au point avec un certain succès des programmes de recherche en la matière et qu'ils se sont tous recyclés dans l'industrie et les technologies de pointe ».
D'étranges conspirationnistes et leur regard ambigu sur le nazisme!
Malheureusement, des gens comme Ernst Zündel, Jean-Claude Monet, le pseudo Dr Frank Stranges (auteur d'un livre sur les "Ovnis et bases secrètes" publié en 1982), Jan van Helsing , David Icke etc. s'ils ont popularisé auprès d'un public de plus en plus large l'idée selon laquelle les nazis étaient les premiers à avoir réussi à faire voler des soucoupes, ont causé un certain tort à la recherche en ces domaines, d'une part pour certains à cause de leur lien avéré avec l'extrême droite, d'autre part pour d'autres, à cause de la façon dont ils ont présenté le fruit de leurs « découvertes », de leur raccourcis, de leur imprécisions historiques et du manque de sources. On peut donc leur reprocher de ne pas avoir été jusqu'au bout de leurs investigations, de ne pas avoir été "sur le terrain" pour interroger certains témoins ou ne fut-ce que valider leur existence, bref de ne pas avoir approfondi leur méthode et de ne pas avoir sourcé la plupart des quelques documents (surtout iconographiques) dont ils se servent pour accréditer leur thèse et donc de ne pas les avoir soumis à une critique historique. Exemple: le livre de Jan van Helsing sur "les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20ième siècle", réimprimé toujours par les Editions Felix sous le titre du "Livre Jaune n°5", collectif d'auteurs. Van Helsing, de son vrai nom Jan Udo Holey , mystérieux personnage que l'on dit tantôt être de nationalité autrichienne, tantôt suisse, hollandaise tantôt allemande publiait donc en 1997, dans cet ouvrage qui a fait beaucoup de barouf des photos en noir et blanc de vaisseaux Vril et Haunebu, des noms des prototypes de ces soit-disantes soucoupes volantes nazies et reproduisait des sortes de fac-simile de plans de coupe généraux desdits engins en forme de disques, plans affublés du sceau « Geheim- top secret » de la SS. Pas un mot sur l'origine de ces documents bizarres et qui se révèlent en fin de compte les seuls indices matériels indiquant que ces recherches nazies ont bel et bien eu lieu et ont débouché sur quelque chose de concret, à savoir la construction de modèles opérationnels qui pouvaient évoluer à des vitesses de plusieurs milliers de kilomètres par heure (comme la série des Vrils dont le Vril 1 de 11 m de diamètre qui aurait fait son premier vol en 1942). On était en droit de se demander où van Helsing avait dégotté ces plans, schémas et documents photos. Dans les archives secrètes de l'armée allemande et capturées par les alliés (USA, France, UK ou URRS?), dans d'autres fonds d'archives privés de groupes industriels qui auraient participé à ces recherches comme BMW, Skoda, Krupp, Porsche ou Messerschmitt ou encore grâce à un informateur anonyme? Van Helsing ne dit pas un mot sur ses sources, il évoque non dans son propre livre mais incidemment dans un autre livre, celui de Peter Moon - the Black Sun (Sky Books), en français "le Soleil Noir" - de mystérieux contacts avec les membres de sociétés secrètes allemandes affiliées aux nazis et omet de dire que Renato Vesco et David Hatcher Childress publiaient par exemple en 1994 un ouvrage assez épais (ouvrage qui est une suite d'un autre livre de Vesco bien plus ancien « Intercept but… ») et enrichi par plusieurs rééditions (dont la dernière daterait de 1997) sur le sujet , livre intitulé "Man Made Ufos, 50 years of supression" (Adventures Unlimited Press Publishers), "des Ovnis construits par la main de l'homme, 50 ans de supression...", une brique de près de 400 pages lourdement fournies en iconographies et reprenant certaines de ces mêmes photos et mêmes plans des Vrils, Haunebu et autres "Schriever-Miethe Diskus" que ceux que l'on trouvait dans "Les sociétés secrètes au 20ième siècle. (remarque: curieusement, ces clichés ont presque complètement disparu dans le "Livre Jaune n°5" qui n'est qu'une réédition "des sociétés secrètes..." mais amputée du nom de l'auteur). Dans le livre de Peter Moon qui reprend aussi certaines de ces illustrations, van Helsing affirme avoir préparé à la publication un second ouvrage entièrement consacré aux "soucoupes volantes Vril" comportant " des centaines de photographies de Vril" mais qu'il en fut dissuadé par le comportement du gouvernement allemand qui avait fait interdire, son premier ouvrage , "les sociétés secrètes et leur pouvoir au 20Ième siècle" parce que selon van Helsing " le gouvernement allemand considérait que le livre constituait un trouble à l'ordre public ". Ce que van Helsing ne dit pas, c'est qu'il avait inclus dans la première édition « des sociétés secrètes » des extraits du très contesté "Protocole des Sages de Sion", un texte qui a servi de texte fondateur et de "document" à charge pour tous les mouvements antisémites d'avant-guerre et largement repris aujourd'hui par l'extrême droite et les milices nationalistes nord-américaines. Le mystérieux "Allemand" ajoutait à Moon (qui affirme qu'il est Allemand) que "jamais son livre sur les Vril ne verrait le jour". A la fin des années 90, lorsque la première édition française de l'ouvrage fut distribuée dans les librairies ésotériques, je me souviens que l'on disait qu'il fallait se dépêcher d'acheter un exemplaire car le livre avait été interdit à l'étranger. Un argument marketing imparable. Et il y eut de fait interdiction de diffusion en Allemagne et en Suisse (en 1998, selon un rapport du 1ier trimestre de la Commission fédérale helvétique contre le racisme) où le livre fut retiré de la vente à la suite de procès entamés pour "infraction à la loi contre le racisme" (réf: WoZ 22/01/1998; Bund 22/01/98), antisémitisme et incitation à la haine raciale, justement à cause de l'insertion d'extraits des protocoles des Sages de Sion. Pour la petite et la grande histoire (nous sortons du sujet Ovnis), sachez qu'au cours de ces dernières années, la polémique a refait surface autour de l'authenticité présumée de ces fameux protocoles qui attesteraient de l'existence d'un infâme complot "mondial" orchestré par une bande de rabbins exaltés et psychopathes. Une très bonne enquête réalisée par un historien russe a permis d'identifier l'auteur réel des protocoles qui serait le fils d'un aristocrate russe, avocat radié du barreau -Mathieu Golovinski - qui serait le faussaire qui a forgé de toute pièce ce brûlot au début du 20ième siècle à Paris. Mais il s'agit d'une autre histoire.
Mais qui est donc van Helsing ?
A ma grande surprise, il s'est avéré difficile d'obtenir des informations fiables et crédibles en français ou en anglais sur ce Jan van Helsing, personnage donc très populaire dans certains milieux New Age en France et en Belgique, sans doute à cause de la traduction française de son livre sur les sociétés secrètes. Au fil des sites et des moteurs de recherche, on trouve surtout des éléments d'informations relatives à son livre, à certaines de ses « théories » et aussi à ses démêlés judiciaires que nous venons d'évoquer. Mais rien sur son identité réelle – Jan Udo Aley- paraît-il ou son pays d'origine, l'Allemagne. Il semble que les sites en langue allemande sont plus bavards sur le gaillard mais j'avoue une faiblesse énorme en ce sabir germanique et personne n'était là pour m'aider. Finalement, c'est par le biais de Peter Moon que nous en saurons plus. Et nous lui accordons une certaine crédibilité sur le sujet puisque Moon a rencontré l'intéressé, a conclu des liens d'éditions avec lui, l'apprécie tout en déplorant « certains excès » du personnage. On ne peut donc pas soupçonner Moon de trop en rajouter. Tout d'abord, dans son livre « the Black Sun », Moon décrit van Helsing comme un jeune type, un ancien agité de la scène Punk Rock allemande qui a abandonné l'alcool, la drogue et le Rock suite à une sorte de brutal épiphanie, une révélation sur ses capacités médiumniques grâce à un skinhead rencontré par hasard. Van Helsing se serait étonné de voir qu'un skinhead était capable de faire preuve de sensibilité. Moon poursuit le récit en affirmant que le jeune ex punk tombe alors dans un coma d'une semaine et demi au cours duquel il subit des sorties astrales, des décorporations qui lui révèlent ses talents de médium, des visions diverses du genre « pyramides », divinités diverses et l'aperçu d'un certain avenir. C'est alors que l'intéressé aurait décidé d'entreprendre des études sur l'ésotérisme, l'occultisme et les sociétés secrètes. Voilà pour la « légende ». Moon affirme en outre avoir rencontré van Helsing en 1994 en escale à Newark alors que l'Allemand volant se rend à Hawaï. Van Helsing veut profiter de son arrêt sur le continent nord-américain pour y rencontrer Bill Cooper (« Behold a Pale Horse ») et Brad Steiger …, s'amourache de la secrétaire de Cooper et tout ce petit monde, en ce compris Moon et Al Bielek (l'associé et ami de Peter Moon) se retrouvent à une conférence ufologique en Arizona. Cette rencontre a débouché sur la traduction et la publication en langue allemande du livre de Moon sur le projet Montauk . Et Moon de préciser dans la conversation téléphonique que nous avons eu avec lui « qu'à cet égard, van Helsing est vraiment un type honnête. C'est rare dans ce milieu, il a toujours été très scrupuleux pour nous reverser l'argent que nous avions gagné avec la publication de la traduction de notre livre en langue allemande ». Un petit peu sur ma faim, je veux en savoir plus et mes questions se bousculent : « OK, c'est bien, mais qui est-il vraiment, van Helsing ? Est-il d'apparence normale, est-ce un exalté, est-il vrai qu'il entretiendrait des relations avec l'extrême droite autrichienne ? Ou bien ce sont des bobards ? ». Moon hésite un instant avant de répondre par cette anecdote : « Est-ce que vous savez pourquoi il a décidé de s'appeler van Helsing ? Est-ce que vous connaissez ce personnage dans la littérature, le chasseur de vampires ? Et bien, il se considère comme un chasseur de vampires et van Helsing veut chasser les vampires d'Allemagne, vampires qu'il estime être les juifs. En fait chasser les vampires du monde, plutôt du monde entier. Il en est vraiment persuadé. Vous comprenez ? Ce type est OK mais il a sérieux problème avec ça ». Après un moment de silence, le temps que j'avale l'histoire, Moon poursuit « Vous connaissez l'une des raisons de son voyage à New York quand il est venu nous voir ? … Il nous a dit qu'il ne savait pas vraiment à quoi ressemblaient les juifs, qu'il n'y en avait plus en Allemagne et qu'il voulait se rendre compte sur place. Il nous disait qu'il n'avait en fait jamais vu de juifs et on a bien essayé de lui montrer que c'était des gens comme tout le monde, vivant leur quotidien mais bon, il restait dans son monde … ». J'embraie alors par cette remarque : « C'est donc un vrai antisémite , les accusations sont donc fondées ? ». « Disons qu'il est excessif, … comme beaucoup de gens qui s'occupent de conspirations. Comme de nombreux conspirationnistes, on peut dire qu'il est trop polarisé sur cette histoire. Il est un peu jeune, inexpérimenté… Vous savez, au lieu d'attaquer les juifs ou qui que ce soit d'autres, et bien les gens qui commettent des crimes, il faut s'en occuper, il faut les poursuivre ». Si les propos de Moon sont exacts, les précautions, remarques prudentes par lesquelles van Helsing ou encore le « collectif d'auteurs » se défendent dans « le livre jaune » de vouloir s'en prendre spécifiquement à un groupe ou à un autre ou de jeter le blâme « sur nos frères juifs qui sont manipulés » ne valent pas tripette. Et l'usage que van Helsing fait de l'ufologie et de l'hypothèse de l'existence de soucoupes volantes nazies doit vraiment être considéré avec la plus grande des méfiances. Car en lieu et place d'une louable curiosité sur une possible aventure technologique et historique, nous avons face à nous une grossière manipulation idéologique.
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par magiedumoment
Le pouvoir sur les esprits, le lien avec les extraterrestres ?
Très sérieusement, certains chercheurs ont émis l'hypothèse que l'un des composants de l'Ayahuasca – le fameux DMT ou N-diméthiltryptamine permet d'entrer en contact avec un univers invisible, parallèle, avec des instances extraterrestres ou ne se trouvant pas dans notre dimension. Je cite ici le plus grand défenseur de cette hypothèse, Terence Mc Kenna, récemment décédé en avril 2000, qui a consacré sa vie à l'étude des hallucinogènes: le DMT aurait donc « le pouvoir de placer le consommateur en relation avec un royaume qui est habité par des entités désincarnées ou extraterrestres. La recherche de telles possibilités nous mènent clairement aux frontières et au delà de ce qui est considéré comme scientifiquement acceptable. Néanmoins, le phénomène de contacts, d'apparitions extraterrestres est si impressionnant pour ceux qui en ont fait l'expérience et les implications d'un tel contact sont si radicales que les preuves et indices (de cette réalité) méritent d'être sérieusement examinées… » (voir le site de Terence Mc Kenna, le site deoxy.org ainsi que le site sur les psychédéliques Erowid). Mc Kenna et ses semblables insistent d'abord sur le fait que l'Ayahuasca et le DMT ainsi que les psychédéliques en général n'ont pas grand rapport avec les drogues dites stimulantes et « ludiques » comme les amphétamines, la cocaïne ou le cannabis. Il ne s'agit pas de drogues « récréatives », « amusantes » (triste euphémisme), surtout en ce qui concerne l'Ayahuasca, il est même rare que l'utilisateur prenne un quelconque plaisir à sa consommation car les effets ne sont pas prédictifs : un jour, on pourra vivre un moment d'extase, un autre jour, un enfer comme l'on en a jamais vécu et un troisième, un long ennui suivi d'un profond sommeil. Mais nous parlerons de cet aspect du problème dans le détail plus loin dans cet article. L'Ayahuasca n'est pas à proprement parlé une drogue qui satisfait l'ego mais plutôt « un transcendant de l'ego » et l'on a raison d'aborder une session sous Ayahuasca « avec respect et crainte ». Mc Kenna et consort déplorent en fait le manque de recherches sérieuses entreprises aux USA ou en Europe sur le DMT ou la psilocybine à cause justement de la piètre et injustifiée réputation de ces drogues psycho-actives engendrée par la mode psychédélique. Pourtant, le DMT est dès plus intéressant, surtout lorsque l'on sait qu'il est présent naturellement dans chaque cerveau humain (via la production de tryptamines et de mélatonine via la glande pinéale). « Et lorsqu'on sait également que la possession de DMT est passible de peines de prison , fait ironiquement remarquer Mc Kenna, chaque être humain à la naissance est susceptible de se retrouver derrière les barreaux ». Dans les années 50 et 60, de multiples chercheurs (Peter Stafford , Timothy Leary , Jonhattan Ott , Richard Alpert , Ralph Metzner etc…) soit indépendants, soit travaillant pour des riches universités et laboratoires pharmaceutiques ont entamé des recherches sur le DMT, le plus souvent en s'auto-administrant ( par ingestion, injection ou en le fumant) des doses variables pour en quantifier et déterminer les effets. Des effets dans lesquels on trouve bien souvent des points communs, des leit motivs et ce, quelle que soit l'origine sociale, culturelle, nationale de l'usager comme nous l'avons déjà mentionné. Les visions démarrent très souvent avec des formes géométriques complexes et très colorées puis, sans que l'on sache très bien pourquoi, la plupart expérimentent des visions de serpents ,de boas, de reptiles divers ou de dragons mais aussi d'entités divines dont la plus récurrente est la vierge Marie. Et le plus étrange et improbable est l'apparition d'entités extraterrestres et de vaisseaux de type soucoupes volantes chez des personnes qui ne baignent absolument pas dans un univers occidentalisé où l'on peut voir des films de science-fiction.
Le plus étonnant est qu'on a répertorié ce que l'on pourrait nommer des hallucinations collectives, à savoir des groupes d'utilisateurs d'Ayahuasca ou de DMT qui apercevaient en même temps des entités extraterrestres, parfois en grand nombre, ce qui a fait dire à ces personnes qu'elles étaient réellement rentrées en contact avec ces entités et qu'elles les auraient vues avec ou sans DMT. A cet égard, le biologiste J. B. S. Haldane affirma : « que la vérité n'est pas seulement plus étrange que nous le supposons mais en fait plus étrange que nous sommes capables de le supposer ». En d'autres termes, pour pouvoir approcher la vérité, il faut être capable de dépasser ses limites de perception et de connaissance.
Terence Mc Kenna a ainsi répertorié au moins 4 types de visions (en fait, bien plus mais voici les 4 principales) ou d'hallucinations, 4 niveaux qui se superposent comme une sorte de mille feuilles : une première couche qui se compose « des hallucinations subjectives, des formes géométriques par exemple où il n'y a pas d'entités extraterrestres existants indépendamment de la conscience » de l'usager. Un second niveau qui « ouvre un accès à des dimensions parallèles et supérieures, une véritable réalité alternative » qui est habité par des entités intelligentes existant indépendamment du champ de la conscience et formant ce que Mc Kenna appelle « une écologie d'esprits ». Une troisième « couche » autorise l'accès du consommateur à un niveau cellulaire qui ouvre « la conscience aux processus des mécanismes quantiques des niveaux atomiques ou sub atomiques ». Avec ce niveau, on retrouve la théorie de Jeremy Narby selon laquelle les shamans sont capables de lire et d'interpréter les images et symboles que les plantes dégagent ou plutôt les niveaux de photons que les plantes dégagent. Nous en reparlerons. Un peu comme on arrive à tirer une information de la composition d'une étoile en analysant le spectre de lumière, de « particules » lumineuses que cette étoile dégage. Le quatrième « niveau » est sans doute le plus bizarre puisque selon cette thèse des niveaux, au 4 ième plan, le DMT qui est un neurotransmetteur dans notre cerveau reptilien permettrait justement à la partie « reptilienne » de notre cerveau de prendre le pouvoir, de dominer la conscience, ce qui aurait pour résultat des états modifiés de conscience dans lesquels les extraterrestres apparaîtraient dans leur totalité. De ces hypothèses, certains chercheurs comme William James estiment que notre perception habituelle du réel n'est que partielle et que l'augmentation significative des taux d'hormones naturelles présentes dans notre cerveau comme la dopamine ou la tryptamine qui provoqueraient des soit disant hallucinations ne feraient en fait qu'élargir le champ de notre conscience et donc le champ de la réalité que nous percevons. En d'autres termes, le réel ne se limite pas à nos 5 sens mais va bien au delà. Les psychédéliques auraient la propriété de nous faire voir des parties de ce réel que nous ne percevons pas en temps normal mais qui existe objectivement dans d'autres dimensions. L'Ayahuasca comme pouvoir d'accès à d'autres dimensions, à des entités spirituelles ou extraterrestres ? Pourquoi pas. Il faut en avoir fait l'expérience pour en être convaincu. Le DMT nous catapulterait alors dans un monde en 4 dimensions, les 3 dimensions habituelles alliée avec la 4 ième dimension « einsteinienne », celle du temps ou plutôt de l'espace-temps, un vrai voyage en hyper-espace comme le théorisent Terence McKenna et Ralph Abraham . Dans l'univers de ces chercheurs, expérimentateurs et pharmacologues en matière de plantes hallucinogènes, les personnes qui tentent de comprendre ce qui leur arrive au cours de ces voyages « psychédéliques » ont même un nom : on les appelle les « psychonautes », signe évident que l'on prend leur trip au sérieux. William Burroughs , grand psychonaute devant l'éternel, écrivain américain, inspiré surtout par les opiacés et les stimulants décrivait dans son petit livre « lettre du Yagé » la sensation de voyage longue distance lorsqu'il a pris de l'Ayahuasca : « Le Yagé est un voyage dans l'espace et dans le temps » affirment-il dans une lettre adressée Allen Ginsberg. En fait, l'Ayahuasca, à l'instar du Peyolt livre à ses utilisateurs des expériences et des visions qui bien souvent se répètent dans leur thématique qu'on a l'impression d'avoir affaire à un monde cohérent, non dans le sens rationnel du terme mais dans le sens que l'on peut en venir à croire que les psychonautes explorent un même monde. Dans cette optique, les « visions » sous Ayahuasca ne seraient pas uniquement propre à chaque individus et au contenu de son inconscient et de ses expériences personnelles mais nous livreraient des informations apparemment folles dans le cadre de notre monde rationaliste mais très signifiantes à un niveau plus étrange, plus transcendant. En d'autres termes, ce ne serait pas un hasard que la plupart des consommateurs de Yage perçoivent des serpents géants, des échelles torsadées menant au ciel, des doubles hélices façon ADN, des soucoupes volantes, des entités extraterrestres indéchiffrables ou des représentations de la divinité (Vierge Marie, Jésus, Bouddha et autres avatars religieux). Quatre spécialistes différents, Terence McKenna, Ralph Abraham ainsi que Gracie et Zarkov sont arrivés à émettre une hypothèse relativement similaire et cohérente selon laquelle, sous Ayahuasca ou plutôt sous DMT, le principe actif majeur, on aurait accès à une sorte d'hyper-espace (sic) qui permet le contact avec des extraerrestres ou des personnes décédées, bref des entités non physique. Quant à l'activation de la partie « reptilienne » de notre cerveau et le liens que cette activation a avec la nature des visions, les recherches se poursuivent. Mais les recherches cliniques et expérimentales de Mc Kenna et consort sur les visions d'extraterrestres se concentrent surtout sur des sujets ayant absorbé du DMT pur administré sous forme fumable, un produit qui est assez loin de l'Ayahuasca qui contient bien plus d'alcaloïdes.
Outre les autochtones des forêts amazoniennes qui perçoivent soit dans leur vision, soit à jeun l'apparition d'Ovnis –ce qui est déjà une curiosité « culturelle » puisque ces appareils ne font pas partie intégrante de leur mythe de façon naturelle, de nombreux consommateurs « occidentaux » sont eux aussi témoin de telles apparitions. Ainsi, P.V.H, un ex-toxicomane hollandais nous a raconté : « Même si j'ai vu des choses incroyables et j'ai eu des hallucinations d'une puissance extrême avec le LSD ou du cannabis, je dirais qu'avec le Yage, ce sont plutôt des visions. Par visions, je veux dire qu'à mon sens, ce que je voyais était réel. C'était réellement là même si cela n'était pas là matériellement à côté de vous. J'ai par exemple vu une tour de lumière avec une espèce de vaisseau spatial au dessus ou j'ai vu des espèces de nains comme dans Star Wars. J'ai vu des vitraux d'église me parler et les paroles se transformer en serpents… Pour moi, j'insiste là dessus, ce n'étaient pas des hallucinations, il y avait des présences derrière toutes ces manifestations. C'est une question de ressenti. C'est pour cela que l'Ayahuasca peut être si traumatisant… ».
Dans les années 80, l'anthropologue allemande Angelika Gebhart-Sayer étudiait certaines ethnies consommatrices d'Ayahuasca, les Shipibo lorsqu'elle nota les très, trop nombreux témoignages émanant d'indiens relatant les multiples apparitions de lumières vives et autres étranges phénomènes, qui disparaissaient lorsqu'on les approchait et qu'elle prit d'abord pour une stratégie d'hommes blancs voulant intimider les autochtones avec des projecteurs très puissants par exemple pour les chasser de leur terre. A plusieurs reprises, l'anthropologue vit elle-même des puissantes lumières dorées de la taille d'un terrain de football et qui évoluaient sans bruit. On était donc loin des simples projecteurs. C'est finalement le shaman qui sous l'emprise d'Ayahuasca qui donna l'explication selon laquelle il s'agissait “ d'un appareil volant immense et doré avec des lampes et de très beaux sièges décorés ” Le pilote de l'appareil était “un Inca habillé de beaux vêtements traditionnels… et qui ne parlait pas parce qu'il connaissait les pensés de tout le monde … et que le temps n'était pas encore venu pour lui de parler. Bientôt viendra le temps où il apparaîtra pour donner des conseils et des explications ”. Cette affaire est d'autant plus remarquable que ces autochtones sont –insiste l'anthropologue- aux antipodes de la culture ufologique ou de science fiction de nos sociétés. A en croire certains anthropologues, l'apparition d'Ovnis et d'extraterrestres est une chose commune dans la culture de nombreuses ethnies amazoniennes. Certains missionnaires évoquent au 18 ième siècle des témoignages d'indiens ayant aperçu des globes de lumières et des chariots de feu que nos bons prédicateurs se sont efforcés de réinterpréter à la sauce chrétienne.
Pour l'anthropologue française, Francoise Barbira-Freedman , et selon le shaman qui lui sert d'informateur, “ l'apparition d'Ovnis lorsque l'on a consommé de l'Ayahuasca est une chose extrêmement commune ” Don Manuel Shuna , l'un des shamans avec lequel elle est entrée en contact a peint ces engins volants (un genre de peinture que l'on retrouve souvent dans la “culture” picturale des consommateurs d'Ayahuasca) et les décrit comme des sphères ayant un diamètre de 50 mètres avec des lumières qui font voir la nuit comme en plein jour…qui ne touchent jamais le sol ou l'eau mais restent toujours suspendu dans les airs ” Quant aux extraterrestres pilotant ces engins, le shaman affirme que ces aliens savent “que je prend de l'Ayahuasca. Ils savent comment prier… Ils chantent des chansons (ndr: le chant est capital dans le rituel Ayahuasca)… Ils m'ont demandé de les accompagner mais je ne voulais pas parce qu'ils se mangent entre eux, les uns les autres ”.
Le thème des Ovnis est tellement récurent dans les témoignages des shamans que certains d'entre eux ont tenté de les représenter et de les classifier tant ils se manifesteraient sous de nombreuses formes.
Pour ceux que ce thème captive, un anthropologue péruvien Luis Eduardo Luna s'est attelé à répertorier, analyser et publier les visions d'un shaman péruvien, Pablo Amaringo, et sa relation avec les Ovnis (Ayahuasca Visions: The Religious Iconography of a Peruvian Shaman in North Atlantic Books 2800 Woolsey Street Berkeley, CA ). Et sur le site deoxy.org, vous pourrez découvrir pas moins de 48 témoignages répertoriés et analysés sur ce thème.
L'apparition du thème des extraterrestres n'est pas l'apanage exclusif de l'Ayahuasca car on évoque aussi bien les ovnis et les aliens chez certains adeptes du LSD (Leary et surtout John Lilly), de la psylocibine mais également chez Carlos Castaneda auquel nous consacrerons un dossier. Dans la vision du monde de Castaneda ou plutôt dans celle de Don Juan, le shaman qui fut son inspirateur, il existerait des entités extraterrestres (les “planeurs”) extrêmement nocives qui agiraient en fait comme des parasites, de véritables prédateurs dont le but seraient tant de nous égarer dans nos perceptions que de nous “bouffer” littéralement nos énergies. Une sorte de résurrection du mythe du vampire qui colle à merveille avec certains récits “conspirationnistes” sur les short greys (voir le dossier de Karmapolis sur les Gris et Nigel Kerner, 1 ière partie). Des Gris qui pour certains témoins, certains ufologues et certains conspirationnistes seraient des entités de nature… reptilienne, des reptiliens qui nous auraient génétiquement « ingénieurés », ce qui cadre curieusement à merveille avec les légendes et mythes de notre genèse vu par certaines tribus amazoniennes. Des gens comme David Icke ou Branton se sont bien entendu emparés de cette thématique, une emprise qui pour certains suffit à tout simplement discréditer une telle vision du problème. Mais je ne peux m'empêcher de simplement noter la coïncidence même si elle semble fumeuse et aussi facile qu'une porte ouverte. Quoi qu'il en soit, ce thème des entités reptiliennes démoniaques et extraterrestres est tellement puissant que de certaines sectes et fraternités s'adonnent à leur manière à des rituels avec utilisation de psychotropes pour les invoquer.
L'Occidentalisation: la voie vers la démence?
Attention, il ne faut pas se leurrer. L'Ayahuasca tout comme l'ensemble de ces hallucinogènes “ethniques” (Peyolt, Psilocybine, Datura etc…), même si l'on peut s'exalter des vertus mystiques, curatives ou ésotériques de ces plantes, restent profondément étrangers à notre culture occidentale. Autant vous le dire tout de go, je reste convaincu, que l'Ayahuasca , cette plante qui fait des miracles pour les Indiens, n'est pas véritablement exportable dans notre modèle occidental. La plante et les visions qu'elle génère nous sont trop « exotiques » tout en demeurant absolument familiers aux Indiens et populations locales amazoniennes. L'Ayahuasca, à mon sens, s'exprime avec un corpus de valeurs et d'émotions qui nous sont tellement extérieurs et qui peut par conséquent facilement nous déstructurer plutôt que de nous structurer. Elle nous égare lorsque nous sommes fragiles plutôt que de nous montrer un chemin d'une façon que nous pouvons comprendre. Une chose est certaine : les sessions sous Ayahuasca ne sont pas des parties de plaisir, loin s'en faut. Et il vaut mieux ne pas avoir trop d'attentes, ne pas se laisser bercer par les récits parfois miraculeux, souvent merveilleux des chercheurs et des apprentis shamans occidentaux. Un conseil : lisez par exemple « Lettre du Yage » de William Burrough et vous comprendrez à quel point l'auteur de « Junkie » et de « la machine molle » a salement dégusté au cours de ces expériences qui l'ont métamorphosé. Selon certains utilisateurs qui en ont l'habitude, Avec la plante, il vaut mieux laisser de côté notre besoin d'expliquer, de tout expliquer, de situer et de comprendre la nature de certains épisodes intenses vécus en session. L'Ayahuasca peut être utile à certains occidentaux mais pas à tous.
Voilà ce que nous explique encore P.V.H, un ex-toxicomane qui a expérimenté à peu près toutes les drogues et que l'on peut considérer comme une sorte « d'expert » en la question : « en ce qui concerne l'Ayahuasca, ce n'est pas une drogue comme les autres, ce n'est pas une drogue du tout à mon sens car ce n'est pas agréable ou confortable de prendre ce produit. C'est même traumatisant, c'est un vrai travail un peu comme quand on va en thérapie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'en ai pris. Et puis, ce ne sont pas des hallucinations que l'on ressent comme avec du LSD ou des champignons. Croyez-moi, je fais la différence… ».
L'Ayahuasca est par contre beaucoup plus prometteuse en ce qui concerne les populations autochtones amazoniennes, qu'elles soient Indiennes, métis ou Brésiliennes. Tant ces populations ont baignés depuis toujours dans des cultes de type shamaniques. Néanmoins, il existe en Europe des tentatives d'exportations du modèle, soit sous la forme de rituels religieux, soit sous la forme de rituels de guérison, les deux étant bien souvent liés mais pas intrinsèquement comme nous le verrons. Prendre de l'Ayahuasca s'avère surtout être un travail ardu sur soi-même. Tout comme vous le diront donc bon nombre d'utilisateurs européens de ces plantes, en particulier de l'Ayahuasca, de l'Iboga et du Peyolt, il ne s'agit nullement d'une partie de plaisir, d'un jeu, de drogues “récréatives”. Certains voyages peuvent s'avérer très traumatisants, très éprouvants pour le néophyte non averti qui ne s'est pas un tant soit peu préparé ou qui n'a pas respecté un minimum de règles préalables (comme le fait d'être à jeun, de ne pas avoir consommé de drogues ou d'alcool, de ne pas avoir entretenu des rapports sexuels avant un rituel à l'Ayahuasca) qui ne sont pas l'effet du hasard. S'il n'y a pratiquement jamais eu d'accidents ni de morts (deux ou trois sous Iboga aux USA, deux accidents mortels dans des “cures” à l'Ayahuasca aux Pays-Bas jusqu'en 1998 causés par des mélanges avec de la méthadone et des antidépresseurs et non par la plante elle-même), l'usage de ces plantes n'est pas un acte innocent. La psyché d'un occidental peut y être mal préparé « tandis que; comme le fait remarqué Michel Perrin , spécialiste de la question , “la drogue conduit les Indiens dans un paysage qui leur est familier… ”. Et de préciser: “ La plupart des Occidentaux tendent à considérer que ces "ailleurs" sont de simples effets des substances chimiques absorbées. Or, manifestement, il n'en est rien. Toutes les cultures pratiquant ce type de communication spirituelle disposent de termes ou de métaphores grâce auxquels leurs hallucinés peuvent décrire leurs pérégrinations dans le "monde surnaturel ": en d'autres termes, le voyage est modelé, souvent inconsciemment, par les représentations culturelles de ceux qui l'accomplissent, par l'univers de signes et de symboles qui illustrent leur mythologie. Cet "encadrement culturel" est si fort qu'à tout le moins il relègue à l'arrière-plan les effets purement chimiques de la drogue ”. En d'autres termes, les Occidentaux qui ne disposent pas du bagage symbolique et culturel des Indiens risquent de développer une vraie psychose face à une expérience qu'ils ne pourront pas assimiler: “ Le voyage, dans nos sociétés est infiniment moins structuré que dans les sociétés traditionnelles. Il nous est en quelque sorte "extérieur" ”. Perrin ajoute par exemple sur les indiens Guajiro: “ Les Guajiro considèrent donc la drogue non seulement comme une substance capable de "disloquer" leur perception normale du monde mais aussi comme un véhicule transportant à volonté le shaman dans un "ailleurs" où résident les êtres surnaturels. Dans d'autres sociétés, ce voyage sera obtenu sans drogue, au travers de techniques corporelles: danse, jeûne, immobilisation prolongée, etc. ” (dans Michel Perrin, Temps Stratégique n°12 Printemps 1985). Et le plus important est que la drogue du type Ayahuasca ne recèle pas selon Perrin “un message naturel ” mais est conditionné par la culture de l'individu qui la consomme: “ Même dans les modifications de comportement social que provoque la drogue, le "culturel" l'emporte sur le "naturel": ainsi la fameuse amanite muscarienne (Amanita muscaria) qui suscite, dit-on, des comportements pacifiques dans la population sibérienne des Koriak, aurait été associée chez les Vikings à la “fureur berserk” (comparable à l'Amok Indonésien, épisode de folie uoltra-violente), accès de violence assassine et suicidaire culturellement déterminée ”. Et enfin, dans les sociétés shamaniques, la drogue est strictement codifiée et on peut l'utiliser qu'à certains moments qu'avec certaines personnes. Aucun risque de débordement. Michel Perrin concluait en 1986 : “la drogue intello recule tandis que la drogue populaire progresse ”. Une remarque sans doute toujours d'actualité mais qui ne pouvait pas prendre en compte un phénomène somme toute récent: l'usage des hallucinogènes, principalement de l'Ayahuasca dans des rituels religieux (Santo Daime, Végétalisme), “techno rave” (aux Pays-Bas avec Friends of the Forest) ou curatif (cures de désintoxication expérimentales pour cocaïnomanes et héroïnomanes au Pérou et aux Pays-Bas). La drogue “intello” à tendance psychothérapeutique a donc retrouvé une certaine vigueur à l'instar des pionniers du psychédélisme. Nous le verrons plus tard.
Les « nouvelles » religions de l'Ayahuasca
Les cultes du Santo Daime ou les Vegetalistes sont nés dans les banlieues des mégalopoles du Brésil (Sao Paulo, Rio, Belem) et sont en quelque sorte des « captations » et des adaptations des rituels originaux des tribus indiennes au christianisme et à la vie en zone urbaine comme le sont la multitude des sectes diverses et syncrétiques que sont le Candomblé (rituel qui plonge ses racines dans l'Afrique des anciens esclaves) et la religion Yoruba en général. Même les mouvements évangélistes se sont adaptés à cette spécificité brésilienne qui aime mélanger les rituels africains au chamanisme indien et au christianisme du Vatican. Le culte du Santo Daime est par conséquent une « religion » syncrétique par excellence dont l'énergie est essentiellement spiritualiste, animiste dans la mesure où ses adeptes qui vouent un culte tout particulier à Vierge Marie croient en l'omniprésence des esprits, plus particulièrement l'esprit de la « Plante », à savoir de l'Ayahuasca. La plante est considérée comme une divinité à part entière, une sorte d'ange protecteur qui guidera le voyageur dans son périple spirituel parfois déconcertant. La plante aime, protège ou parfois égare et rejette. Elle est imprévisible et omnipotente. La vierge Marie représente la divinité mère et féminine en qui le pratiquant mettra toute sa foi. Mais cette foi n'est pas exclusive et permet à tout un chacun d'y mettre son « grain de sel », son passif religieux et culturel car rien n'empêche un adepte de voyager et de vénérer une tradition bouddhique, hébraïque, musulmane. C'est sans doute ce qui fait le succès du Santo Daime dans les classes éduquées brésiliennes mais aussi à l'exportation. Néanmoins, il ne faut pas exagérer l'emprise et la taille du culte qui représente tant au Brésil qu'au niveau mondial quelques milliers de personnes tout au plus et dans la plus stricte discrétion, surtout dans les pays européens. Jusqu'au milieu des années 80, les deux principaux mouvements, le Santo Daime et les végétalistes ont pu opérer au Brésil sans interférence mais comme il fallait s'y attendre, la DEA –les autorités américaines de répression des narcotiques- ont fait pression sur le gouvernement brésilien pour faire interdire l'usage de l'Ayahuasca en mettant l'hallucinogène sur la liste des produits strictement contrôlés. Les églises ont bien entendu protesté et après quelques incidents, un comité spécial nommé par le gouvernement a été chargé d'examiner l'Ayahuasca sous l'angle d'un problème de santé publique et un problème religieux. Après avoir essayé eux-mêmes le breuvage, les membres de ce comité consultatif ont fini par donner un avis favorable à la levée de la prohibition et c'est en 1987 que l'usage sacramentel du Yage a été finalement légalisé, au grand dam de l'ambassade américaine. En ce qui concerne l'église du Santo Daime en dehors du Brésil, il en existe plusieurs « chapitres » implantés aux Etats-Unis et en Europe, notamment en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal et en Belgique. Le cas des Pays-Bas est à part puisqu'il semble acquis, après certains petits tracas que le culte bénéficie d'une aimable tolérance, comme c'est de coutume dans ce pays de la part du gouvernement central. L'église du Santo Daime est officiellement reconnue par le ministère de la santé publique des Pays-Bas et autorise par conséquent les adeptes à ingérer en toute impunité la boisson hallucinogène accompagnée d'une cigarette de cannabis (Santa Maria). Par contre, dans les autres pays, plus particulièrement en France ou en Belgique, la discrétion est vraiment de mise et le culte se méfie comme de la peste de la presse mais aussi et surtout d'une possible intervention policière pour usage en groupe de stupéfiants (le principe actif, le DMT est mis au tableau des drogues prohibées). Certains parlementaires français se sont même inquiétés du potentiel attractif que pouvait représenter « ces sectes hallucinogènes ». En effet, l'usage d'un produit stupéfiant pourrait très facilement amener les autorités à penser que les adeptes sont en quelque sorte manipulés et soumis à la suggestion d'une drogue pour amener une soumission. De telles prises de position dans les parlements ont amené plusieurs polices européennes à effectuer en octobre 1997 des opérations quasi simultanées en France, en Allemagne et aux Pays-Bas contre des lieux où se tenaient des rituels, poursuivant des individus et saisissant bien entendu l'Ayahuasca. En dépit d'une volontaire discrétion des adeptes, il est vraisemblable qu'à l'avenir, de nouvelles descentes de police aient lieu, tant qu'il n'y aura pas de législations ou de reconnaissance des autorités publiques. Tout dépendra de l'attitude des divers chapitres de l'église et de leur tendance au prosélytisme qui, à mon sens, est inexistant, les adeptes fuyant la publicité comme jamais et n'aimant pas du tout s'adonner à la conversion. On participe à des rituels par le bouche à oreille non sans que l'un fondateurs du chapitre ne s'entretienne assez sérieusement avec le candidat sur ses motivations profondes. Pas question de curiosité morbide ou de défonce à l'œil. Mise à part aux Pays-Bas et au Brésil, il y a fort à parier que la prohibition de l'Ayahuasca a encore de beaux jours devant elle puisque les autorités narcotiques américaines qui font malgré tout la pluie et le beau temps dans ce secteur d'activité ont fait savoir qu'elles désiraient grandement que l'on maintienne le breuvage hallucinogène sur la liste des produits interdits.
En ce qui concerne la manière dont ces rituels fonctionnent du moins, ceux du Santo Daime, il en existe de plusieurs sortes de temps variable (de quelques heures à une journée, voir un week-end) avec des buts différents, certains des rituels ayant une vocation mystique et méditative, d'autres ayant un but de purification et de guérison. En cela, les rituels du Santo Daime sont très proches des rituels des shamans indiens qui se focalisent sur la guérison et le soulagement de la douleur de leurs patients. Le rôle des chants dans ce genre de rituel est tout à fait fondamental puisqu'ils encadrent le voyage, ils servent de garde fou au sens propre du terme, donnant au périple une certaine cohésion et un cadre plus ou moins précis. Les chants sont très codifiés, ont un contenu religieux dédiés au culte de la vierge Marie. Ils s'agit souvent de chants assez simples, d'inspiration indienne et qui s'accompagnent à la guitare et dans certains cas (du moins aux Pays-Bas, à ce que j'ai pu voir) au Berimbau et percussions. La boisson de couleur jaune, beige parfois ambrée et d'une amertume inoubliable (ceux qui en ont pris comprendront) s'ingère en plusieurs fois (deux fois minimum) au début du rituel après une phase méditative de concentration et de prière. Gare aux séances de vomissements pour les novices. Surtout, il est important de se présenter à jeun à un rituel et de ne pas avoir consommer dans les jours précédents la séance d'autres drogues et médicaments psychotropes, surtout des antidépresseurs de type MAO. Après la première prise (en général, un demi verre), les participants font circuler un joint de cannabis pour potentialiser les effets du Yage. Ce n'est pas obligatoire ni très conseillé aux néophytes qui pourraient trop rapidement se retrouver explosés en morceaux au plafond sans comprendre une seconde ce qui leur arrive. L'expérience peut s'avérer un chouïa violente pour celui qui n'a jamais rien expérimenté. C'est une métaphore bien entendu. Ensuite, les participants se mettent à chanter et à prier en même temps, alternant les temps de silence et de chants. Il convient -c'est sans doute le plus difficile- de rester le plus digne possible au cours du rituel, qui alterne les stations debout et assises. Pas question donc de s'écrouler sur sa chaise, de se rouler à terre en appelant sa maman, de faire copain copain avec ses voisins ou de leur parler du splendide lézard qui vous entretient de votre avenir ou de l'actualité sportive. Il faut garder vos visions pour vous, aussi puissantes soient elles.
A la fin des années 90, Yatra Barbossa , une habitante d'Amsterdam d'origine brésilienne avait mis sur pied une organisation « sœur » de l'église du Santo Daime, proposant à ceux qui étaient tentés de participer à des rituels moins « formalistes » et ayant un contenu religieux moins appuyé et encore plus syncrétique de participer à des rituels « nouvelle vague », encadré par des thérapeutes professionnels. Yatra Barbossa avait ainsi fondé l'association "Friends of the Forest" qui, tout en s'inspirant de certaines traditions du Santo Daime, tentait également de se rapprocher un peu plus des rituels shamaniques indiens de base, en faisant usage notamment d'une boisson contenant un Ayahuasca plus radical et plus « proche » de la recette originale de certaines tribus du bassin amazoniens. Au lieu de boire une boisson de couleur jaune, le Jurema de Yatra Barbossa, de couleur violette ou pourpre se voulait être plus proche des effets ressentis par les Indiens. Et selon elle, plus curatif et purificateur que mystique. Yatra voulait également recueillir de l'argent en faisant payer une somme assez raisonnable aux participants à ces rituels, argents qui servait tant à la protection du patrimoine culturel et végétal de certaines tribus indiennes qu'à leur éducation (par la construction d'écoles dans les villages). Pour ce faire, elle emmenait une fois par an des volontaires bénévoles dans les tribus afin de concrétiser les dons financiers et aussi de participer à d'authentiques rituels. L'autre grande ambition de Yatra était de soigner les toxicomanes avec l'Ayahuasca, s'inspirant ainsi de deux exemples, celui d'un médecin français au Pérou à Takiwasi qui a fondé un centre de désintoxication pour cocaïnomanes et celui d'un ex junkie new yorkais qui s'est servi d'un autre hallucinogène puissant, l'Iboga pour entreprendre un sevrage miracle de l'héroïne.
Ayahuasca et cures de désintoxication
Tout a donc commencé en fait avec un autre produit et d'autres légendes, celle relatives à l'Iboga, une plante que l'on trouve exclusivement en Afrique de l'Ouest, plus particulièrement au Gabon auprès de l'ethnie Bitwi qui fait usage de ce produit hautement hallucinogène dans des rituels thérapeutiques de mort et de renaissance parfois très durs, psychologiquement parlant. Au début des années 60, Howard Lotsof , un héroïnomane profond prend un peu par hasard et à défaut d'autre chose de l'Iboga, une plante hallucinogène d'Afrique de l'Ouest. S'en est suivi un trip de plus de 36 heures au cours duquel il va vivre sa mort et revivre divers épisodes douloureux de son existence qui l'auraient mené à renforcer sa personnalité compulsive et son goût pour l'héroïne. Plus étonnant encore, juste après le voyage, alors qu'il est en pleine descente, il ne pense plus à prendre de l'héroïne et mieux encore ; les symptômes habituels du manque et du sevrage ne pointent pas le bout de leur nez. Stupéfait par cette découverte, Lotsof va mener alors des recherches plus précises sur l'Ibogaïne et découvrir qu'effectivement et très mystérieusement, les effets très désagréables du sevrage aux morphiniques ont disparu et que le besoin, l'envie en héroïne ont également disparu. Au milieu des années 80, Lotsof fait breveter l'usage de l'Ibogaïne dans le traitement des dépendances sévères aux morphiniques. Attention ; il ne s'agit pas d'un produit de substitution comme la méthadone qui n'est qu'un autre morphinique, plus puissant et plus stable mais plutôt une sorte de super antidépresseur qui agit de façon assez mystérieuse et bizarre sur les récepteurs de l'endorphine (ceux qui sont en déficit dans le sevrage de l'héroïnomane) et de la sérotonine. D'autre part, le patient qui ingère le produit fait une sorte de psychothérapie très concentrée, un voyage parfois très douloureux dans sa mémoire. La plupart du temps, les patients ont l'impression qu'ils vont mourir. Des universitaires américains ou hollandais comme le professeur Charles Kaplan vont étudier de près les effets de l'Ibogaïne et donné un cadre scientifique à ces cures. Au milieu des années 90, la cure s'exporte aux Pays-Bas et une quarantaine de patients seront traités à l'Ibogaïne. Seulement, la méthode sera interrompue car l'on dénombrera deux accidents mortels. Les chercheurs hollandais vont préférer alors orienter leurs efforts de recherche vers un autre candidat hallucinogène certes moins spectaculaire pour contrer les effets du manque mais apparemment tout aussi impressionnant en matière de psychothérapie, à savoir l'Ayahuasca. C'est là qu'intervient Yatra Barbossa dont nous vous avons parlée plus haut et qui connaît le même genre d'histoire que Lotsof. Un jour de manque, Yatra, toxicomane à l'héroïne, à la cocaïne et à la méthadone, prend de l'Ayahuasca pour moins ressentir les douleurs du manque. Le trip qu'elle vit la décide à poursuivre son sevrage jusqu'au bout, un calvaire de plus de 3 semaines qui auraient selon elle duré deux fois plus longtemps avec toutes les chances de l'échec et de la rechute si elle n'avait pas pris de l'Ayahuasca. Elle est persuadée que la plante lui a sauvée la peau. Aidée par des médecins, des thérapeutes, des amis mais aussi des membres du Santo Daime, elle décide de mettre sur pied un projet, « Friends of The Forest » qui a pour but de mettre en place une méthode de sevrage efficace aux opiacées et à la cocaïne. L'association prétend également venir en aide aux tribus du bassin amazonien en organisant comme nous l'avons souligné plus haut des rituels pour ceux qui veulent faire l'expérience de l'Ayahuasca : rituel façon Santo Daime, rituel « shamanique » pour les cures et la guérison, rituel « trance » pour les amateurs d'atmosphère et de musique planante ; Yatra propose aux amateurs une « offre » assez diversifiée qui tend peut-être à la démarquer des cultes du Santo Daime et des Végétaliste. En 2004, même si le site « Friends of the Forest » existe encore, il semble que les activités de Yatra aient cessé et que les Pays-Bas ait mis un terme à l'usage de l'Ayahuasca dans les cures de désintoxication car il y aurait également eu des accidents mortels causés par des mélanges de diverses drogues avec l'Ayahuasca. Par contre, au Pérou, à la frontière avec la Colombie, le Dr Jacques Mabit , psychiatre français, poursuit avec succès les activités de son centre de désintoxication pour cocaïnomane, aidé par des vrais shamans des tribus indiennes et placés sous le contrôle de médecins et de psychiatres. Aux Etats-Unis, plus particulièrement à New York et en Californie, il semble que des centres faisant usage soit de l'Ibogaïne, soit de l'Ayahuasca proposent également leur service, offrant ainsi des méthodes alternatives peut être plus efficace que les cures classiques de substitution. Mais aussi des perspectives optimistes quant à la recherche scientifique dans ce domaine.
L'intérêt des occidentaux pour les hallucinogènes
Des gens comme Timothy Leary, Aldous Huxley ou John Lilly (qui a étudié longuement l'intelligence des cétacés) avaient l'intuition, un peu à l'instar de shamans des temps modernes que les drogues hallucinogènes recelaient d'autres vertus que le simple fait de mimer la schizophrénie (c'est ainsi que l'on considérait ces psychotropes dans les années 50) et de plonger l'usager dans une crise de démence plus ou moins agréable. John Lilly expérimenta des sessions de privation sensorielles en caisson d'isolation et ce, sous des doses massives de LSD afin de vérifier une thèse dont la teneur est bien proche de ce que formule Jeremy Narby : « vérifier sur lui-même les effets d'un voyage intérieur jusqu'au fond de ses cellules, réveiller les souvenirs de son cerveau reptilien ». Cela a donné un film de fiction de Ken Russel « Altered States » et surtout l'intense certitude que nos cellules contiennent en elles les traces et les souvenirs de nos plus lointains ancêtres simiens, voire même l'époque où nous étions des êtres monocellulaire. On pensait même que le LSD avait une influence sur l'ADN . Dans le film de Ken Russel mais également dans la croyance de John Lilly, le voyage en caisson avait pour but de faire régresser l'âme jusqu'à son niveau le plus ancien, d'abord celui de l'homme préhistorique, ensuite grâce à notre cerveau reptilien, obtenir une régression vers les premiers reptiles (encore eux ! ! !) puis vers les premiers organismes monocellulaires, enfin vers les premières énergies d'avant le Big Bang. Un sacré trip. Les travaux de ces pionniers du psychédélisme, aussi dingues furent-ils étaient financés par la CIA qui étaient à la recherche du sérum de vérité parfait mais aussi du produit qui pouvait le mieux soumettre la conscience d'un individu. D'innombrables expériences furent menées sur des sujets, le plus souvent non avertis (dans des cliniques spécialisées) ou pire encore, contraints et forcés ( des prisonniers et des Gi's) avec de nombreuses drogues extrêmement puissantes dont le LSD, le BZ (100 fois plus puissants que le LSD), la Mescaline et le DMT (voir à ce sujet les articles de Karmapolis sur Monarch et sur la psychiatrisation de la société). Ces expériences menées à la fois dans le plus grand secret par les militaires et de façon plus désinvolte sur les campus universitaires eurent pour conséquence que les drogues dites psychédéliques se répandirent comme une traînée de poudre dans la société civile américaine. Quant aux drogues narcotiques opiacées comme l'héroïne et l'opium, c'est la guerre du Viêt-Nam et une fois de plus les manœuvres occultes de la CIA (lire à ce sujet l'ouvrage très touffu d'Alfred Mc Coy , « la politique de l'héroïne » aux éditions du Lézard) qui contribuèrent à propager le trafic dans la société américaine à la fin des années 60. La cocaïne suivit exactement le même chemin avec les manœuvres de la CIA au Panama et au Nicaragua dans la lutte contre l'influence de la guerilla communiste en Amérique centrale. Il est piquant de constater que les autorités américaines qui dictent bien souvent le comportement des polices des autres nations a bien plus accentué à la fin des années 60 sa répression contre les drogues hallucinogènes comme le LSD ou le cannabis, des drogues que la contre-culture considère comme étant « Mind Expending » (croissance de la conscience) et qui sont bien souvent la chasse gardée des chercheurs militaires en matière de sérum de vérité et de Mind Kontrol. Aujourd'hui, certains auteurs estiment que la guerre contre les psychédéliques menées par les gouvernements n'a jamais pris fin. Un certain Richard Boire du groupe Internet Mind State, au cours de l'une de ces « Mind State Conference » sur les états modifiés de conscience, affirmait que le gouvernement américain avait un projet très sérieux visant à mettre au point une sorte de vaccin qui, une fois inoculé, empêcherait de façon sélective toutes les drogues de type « mind expending » ou qui apporte du plaisir, d'agir chez un individu. Un projet qui aurait été baptisé sous l'appellation de « Neuro Cops » et qui a pour but « d'emprisonner les gens dans leur réalité à 3 dimensions et 5 sens » , une vraie prison cognitive. Tout cela a l'air un peu fou et j'ai eu beau chercher sur le web et dans certains livres de référence sur le sujet du Mind Control des traces de ce projet de vaccin Neuro Cops, je n'ai trouvé aucune confirmation que ce projet un peu dingue existe. Mais bon, tout est possible. L'enjeu que représentent les drogues hallucinogènes n'est pas anodin, nous venons de le voir. Le DMT, présent dans l'Ayahuasca a été essayé aussi bien par la CIA comme sérum de vérité que par les nazis dans le camp de concentration de Dachau pendant la seconde guerre mondiale (les travaux se sont surtout focalisés sur la mescaline). La Cia n'avait fait que reprendre à son compte les travaux du Dr SS Strughold. Lorsqu'on examine l'intérêt des militaires et des services secrets pour les hallucinogènes, on ne peut s'empêcher de penser que ces produits, même et surtout parce qu'ils demeurent prohibés à quelques exceptions près représentent un enjeu et donc un pouvoir pour la conscience humaine. L'Ayahuasca représente donc une substance encore très mystérieuse, peut être très prometteuse si les crédits suffisants sont bien entendu alloués aux chercheurs et aux médecins et pas seulement aux militaires. Une preuve encore de l'intérêt des sociétés pharmaceutiques pour la plante sacrée : les tentatives américaines de s'arroger le brevet de l'Ayahuasca. Ainsi plusieurs sociétés comme « the International Plant Medicine Corporation” (brevet PPA# 5751) ou encore la UShaman Pharmaceutics déposent des brevets sur différentes variantes de la boisson sacrée comme le “Sangre de Drago” (sang du dragon) appartenant à une ethnie indienne de l'Equateur. Les Indiens ne se sont pas laissés faire et aidés par plusieurs anthropologues, ils ont pris des avocats et ont réussi, pour l'instant, à contrer ces tentatives d'appropriations commerciales qui sont considérées par les anthropologues et les indiens comme du vol et de l'escroquerie pur et simple. Le “Coordinating Committee of Native Organizations of the Amazon Bassin” (COICA) est devenu l'organisation équatorienne phare chargée de défendre les droits des Indiens et d'empêcher que le brevet qui avait des effets jusqu'en 2003 uniquement sur le territoire américain ne contraignent d'une part les populations indigènes à devoir verser des Royalties mais aussi que des multinationales pharmaceutiques tirent des profit de ressources qui appartiennent aux Indiens. Les gens de la COICA ont alors déclaré que le personnel de la firme pharmaceutique américaine n'était pas le bienvenu en territoire indien. Le Département d'Etat américain a pris cette réaction au pied de la lettre, comme une menace, une sorte de déclaration de guerre et a même menacé le gouvernement équatorien de sévères sanctions économiques si les Indiens ne reconnaissaient pas la propriété intellectuelle des brevets déposés par l'International Plant Medecine Corporation. Pour encore mieux affirmer sa position capitaliste, les Etats-Unis ont refusé de signer à la fin des années 90 la convention des Nations Unies sur la diversité biologique qui reconnaît expressément aux populations indigènes leurs droits à la propriété intellectuelle des plantes, breuvages et médicaments traditionnels dont ils font usage depuis toujours. Car tout cela représente une manne plus que providentielle, sans doute l'avenir de la pharmacologie, pour l'industrie pharmaceutique américaine et mondiale. De tels démonstrations de force un peu virile démontrent à celui qui en doutait que l'enjeu n'est pas anodin, mais qu'il est sans doute énorme. On sait que l'Ayahuasca présente un intérêt réel mais encore méconnu et mal exploré dans le domaine de la psychothérapie et dans celui de la désintoxication et de la lutte contre les assuétudes. On a mis en évidence grâce aux travaux du Pr Charles Kaplan que l'Ayahuasca avait un effet antidépresseur en régulant vers le haut le taux de sérotonine, ce qui peut représenter un atout certain dans le cadre de certains types de dépression. On en est à toujours aux spéculations sur le chapitre relatif à la façon dont le shamans font usage du tabac et de l'Ayahuasca pour faire leur travail de diagnostic très efficace sur leurs patients. Bref, le Yage représente un challenge tout à fait passionnant pour les médecins, les pharmacologues, les ethnologues et les botanistes, un challenge qui les contraint à changer leur outil d'investigation scientifique, leurs méthodes sans doute trop conventionnelles. Nous verrons dans les prochains volets que d'autres substances comme la Mescaline ou le LSD incarnent également de nouveaux défis pour les scientifiques. Que les hallucinogènes ne peuvent pas être considérés comme de vulgaires drogues récréatives ou destructrices. Quittons maintenant le terrain des constatations, des hypothèses et de la science spéculative et laissons la place maintenant aux récits personnels en guise de conclusion !
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par magiedumoment

Pour clore cette analyse qui n'a pas l'ambition d'être exhaustive mais plutôt de donner aux lecteurs un aperçu le plus général possible, voici enfin quelques témoignages personnels afin d'illustrer le genre de vision et d'émotion que l'on peut éprouver sous l'emprise de l'ivresse du Yage. En ce qui concerne mon expérience personnelle, je me bornerai simplement surtout à mettre en garde l'amateur de sensations fortes. Il risque soit d'être déçu, soit d'être fort malmené s'il fait l'expérience de la plante sans un encadrement compétent et sans une motivation autre que simplement ludique comme je l'ai déjà évoqué. J'ai vu plus rârement des gens qui s'adaptaient très bien à l'Ayahuasca, qui en tiraient des choses merveilleuses. Mais c'était la plupart du temps des gens solides, déjà équilibré et qui n'étaient pas avides d'explications sur eux et sur le monde. J'ai vu aussi des gens qui « mimaient » l'équilibre et la joie de participer aux rituels mais qui, au fond d'eux, étaient en fin de compte extrêmement inquiets et perturbés. J'ai vu aussi, certes très peu, des gens en souffrance totale qui réagissaient extrêmement mal à la plante et qui en attendaient beaucoup, sans doute trop. Voici pour commencer un extrait du texte relatant les divers rituels auxquels L.W., ayant participé à des rituels en petit comité organisés par « Friends of the Forest » dans un village à proximité d'Amsterdam, des rituels proche de ce que peut offrir l'église du Santo Daime mais avec un cadre plus souple, plus « laxiste ». Cette histoire ne reflète donc en aucun cas le récit typique d'une personne ayant participé au culte du Daime.
“Je bus mes doses, je crois avec un certain courage car il faut bien me jeter quelque fleurs. J'avais peur car j'avais déjà eu des expériences assez désagréables… L'Ahyahuasca me rendait opiniâtre et courageux, car ne pouvant résister à son appel, il me plaçait devant mes peurs que je devais les regarder en face à défaut de pouvoir les dépasser. Au plus l ‘Ayahuasca montait et m'ennivrait, au plus je perdais le contrôle de mon corps… Pour essayer de m'occuper la tête complètement pulvérisée par des visions incompréhensibles, des schémas géométriques, un monde complexes et intérieurs, je me mis à accompagner les chants avec mon instrument de percussion. J'eus alors la vision que cet instrument était une excroissance de mon ventre, que le Djembé était une excroissance musculaire de mon corps. Etais-je en bois ou était-ce le djembé qui était fait de chair? Je me souviens que cette question me préoccupa un bon moment. J'avais peur de devenir du bois et de ne plus pouvoir respirer. Cela faisait très mal. J'avais l'impression d'étouffer. Et en même temps, je respirais profondément … Je voyais des formes abstraites qui ressemblaient à des cellules en division, des échanges de liquides, de la chair mais vue au microscope. Et puis, il y avait ces énormes mains, ces immenses forces qui me pétrissaient le corps par zones successives. L'inconfort était tel, l'angoisse devint si massive qu'à un moment, je voulus mourir. Mourir pour de vrai…Puis, une voix me dit: Meurs, meurs alors. Mais comment? Regardes, observes-toi, tu es déjà en train de mourir me répondit la voix. Aussitôt, je me dédoublai. Je m'aperçus en fait que je m'étais déjà dédoublé. Pas dans le sens d'une décorporation comme on le voit dans les mauvais films ou dans la littérature sur la NDE ou le décédé, en sortie astrale, voit son corps du haut de la pièce. Non, je me dédoublai à l'intérieur de moi. Je percevais ma conscience comme un centre, une sorte de point gros comme un petit pois et autour de laquelle s'animaient mon corps et mes douleurs. Ce corps et cette douleur étaient un paquet de chairs, de cellules, de lumières, d'échanges d'énergie et de figures géométriques abstraites en constante mutation. Cette séparation, ce dédoublement presque schizophrénique me soulagea grandement. J'avais trouvé un espace de paix et de sérénité d'où je pouvais contempler le désastre. J'en éprouvais même une certaine fierté et une sorte de béatitude, d'extase, de soulagement intense à l'image d'une purge. Je me souviens enfin que je me suis laissé aller à d'intenses remerciements à je ne sais quelle divinité. … Après un moment qui sembla durer une éternité, je sortis assez brutalement de la contemplation de ce très mauvais moment. Je me sentais parfaitement bien. Je m'assis et ouvris les yeux. Le spectacle qui s'offrit à mon regard me stupéfia tant il dépassa le cadre de ce à quoi je m'attendais. J'étais dans une grotte. J'étais moi même et en même temps quelqu'un d'autre. J'avais l'impression d'être moi-même et d'être en même temps un enfant, en tous les cas une créature assez jeune. Au centre de cette grotte de dimensions réduites, il y avait un feu qui brûlait ou plutôt, une chaude lumière qui ressemblait à un feu mais qui n'en était pas vraiment un. En face de moi, assis sur un banc de pierre creusé soigneusement dans les parois circulaires de la grottes, il y avait cinq ou six personnes. C était ma famille. Pas ma famille d'ici, de ce monde terrestres que je connais. Non. Une autre famille. Elle avait des noms mais je ne m'en souviens plus. La grotte était percée d'ouvertures à partir desquelles on devinait un ciel étoilé et parfumé. L'ambiance était chaleureuse. A mon sens, j'étais dans un autre univers, sur une autre planète. J'avais devant moi des êtres humanoïdes mais de tailles beaucoup plus réduites, avec des traits, des visages indéfinissables. Je me retrouvais projeté dans un monde de conte de fée. Et pourtant, je peux vous assurer que tout cela était foutrement réel. Ces êtres, des hommes et des femmes étaient vêtus de robes en tissu grossier avec des capuchons et on devinait, sous le capuchons des sourires confiants qui me disaient: Ah tu perçois enfin que tu es là. Tu es enfin de retour? En moi naquit un très léger sentiment de culpabilité et un autre, plus massif de bien être et de nostalgie. J'avais une curieuse impression d'être à la maison. Et en même temps, une instance en moi même analysait la scène avec un certain détachement, m'envoyant l'information que j'étais à la fois dans cet univers et ailleurs, qu'il s agissait de moi et de quelqu'un d'autre, venu à la fois du passé, du présent et de l'avenir. Diablement complexe comme sensation. Les mots ne permettent pas de la cerner. Dans cet univers féerique, tout était calme, serein. Plus primitif aussi. Une sorte de civilisation troglodyte. Mais le plus étonnant est la façon dont le temps s'écoulait. Le temps s'écoulait certes mais d'une toute autre manière qu'ici bas, dans notre réalité terrestre. Dans la peau de cet enfant, je vivais avec bonheur la très nette sensation que le passé, le présent et l'avenir ne faisait qu'Un. Je voyageais dans le temps et en même temps, j'étais figé dans une éternité en perpétuel changement. Inexprimable. De ce fait, je me rendis compte que ma pensée s'exprimait d'une autre façon. Comment expliquer cela sans passer par une certaine forme de logique? Dans notre réalité quotidienne, nous ne nous rendons pas compte de la manière dont notre pensée s'articule, se forme puisqu'il s'agit de notre état perpétuel, naturel. Suite à cette projection dans cet autre univers, j'ai ressenti avec beaucoup de précision le contraste entre la façon dont ma pensée s'articulait là bas et ici. Je sens déjà d'ici les réticences. Si l'expérience fut pour moi réelle, elle relève pour d'autres d'une forme de psychose bien lourde, bref d'une belle défonce. Et pourtant. En étant projeté dans un autre ressenti temporel, j'ai vu que notre pensée, ici-bas était éminemment conditionnée, modelée par l'expérience du temps. Le temps est élastique, complètement relatif mais se vit comme une chose linéaire. Par conséquent, notre pensée s'articule de façon linéaire. Un peu comme si notre conscience devait s'engouffrer dans un tunnel étroit, celui du temps dans lequel nous formerions et croiserions des bulles de pensées compactes faites de joies, de douleurs, de pensées réflexes, de sentiments instinctifs, de boules de peurs et de névroses, de jugements, de réflexions logiques. Il n'y aurait jamais rien de véritablement épanoui dans toutes les dimensions car les contraintes du temps nous obligent de passer d'une pensée à l'autre un peu comme un métro le ferait en cahotant d'une station à l'autre, agrafé sur son long ruban d'énergie électrique. Hors du temps, la pensée s'épanouit à l'infini, dans toutes les dimensions, en une seule chose, unique qui contient toutes les pensées, où tout est important et tout est dérisoire à la fois. Une sorte de plénitude qui permet à la conscience d'expérimenter le temps et la pensée d'une façon plus humaine car les émotions subsistent. Une légère sensation que le temps passe, subsiste également mais cette sensation n a guère d importance. Je ne dirais pas que cet univers était dénué de menaces. Lorsque j'y fus projeté, malgré la paix qui y régnait, je me souviens que j'avais capté une drôle d impression, comme celle d'une menace imminente, d'un cataclysme qui venait de se produire ou qui allait se produire. Je me rappelle que cette civilisation était marquée par une résignation au cataclysme, au séisme, à l'Armagédon. Les drôles de personnages que j'avais en face de moi, avec leur robe et leur capuchon étaient des êtres sages et résignés; comme abonnés à une menace qui cycliquement se déchaînait. D'où je sortais ce genre d informations? De la mémoire dont je disposais à ce moment là de l'expérience et que je pouvais analyser avec ma conscience d'ici et de là-bas. Aussi brutalement que j'étais venu, je fus à nouveau projeté dans notre monde. Ce fut une expérience assez douloureuse car j'eus l'impression de m'intégrer dans quelque chose de très étroit, de terriblement contraignant et primitif. C'était tout simplement notre monde et cela faisait un mal de chien car toute pensée nécessitait une dépense d'énergie absolument remarquable dont nous ne nous rendons pas compte est du moins la réflexion qui me vint à l'esprit à cet instant de l'expérience. Après la phase d'adaptation un peu douloureuse, je fus content de retrouver le visage familier de mes compagnons de rituels: Drew à ma droite, Harry, Yatra et Arnold à ma gauche. Ils inquiétaient également pour moi. De toute évidence, j'étais très agité. Plus tard, on me raconta que j'avais fait la brasse durant des heures, couché sur mon matelas, que je me convulsais en tout sens et que l'on avait peur que je ne me blesse Je fermai un instant les yeux. Je fus à nouveau propulsé dans des visions géométriques puis en rouvrant les yeux après un temps tout à fait incertain, j'émergeai dans un univers à nouveau inconnu. Le souvenir que j'en éprouve est plus flou. J'ai vu une pièce avance des meubles, des tables, des chaises. Le design était assez vieillot et en même temps, ne ressemblait pas à ce que je connaissais. Je ressentais la présence d'une certaine forme de technologie mais cela ressemblait plus au monde tel qu'on pouvait le trouver au début du siècle sans toutefois être cet univers technologique là. Là également, la pensée s'articulait de façon différente car le temps s'écoulait aussi de façon différente. L'adaptation fut laborieuse, suscitant ce que je pris d'abord pour des migraines. En fait, c'était comme si ma conscience se trouvait tordue, comprimée comme une éponge que l'on essore. L'adaptation se passe au moment où l éponge reprend sa forme initiale. Malgré la douleur, je commençai à trouver l'expérience amusante. Nouvelle et profonde inspiration, un voile se déchire avec un léger bruit, une sorte de sifflement et hop, me revoilà parti vers autre chose. Nouvelle phase de réadaptation de mon cerveau. J'ai vraiment l'impression que ma tête est pareille à un pied et doit rentrer dans une chaussure trop étroite. Puis j'ouvre les yeux et hop, me revoilà dans mon univers précédent, celui avec les nains encapuchonnés. Nouvelle respiration, je me retrouve avec Yatra et les autres, respiration et je suis projeté dans l'univers à la technologie passéiste. Cela devient un manège véritablement infernal. Il y eut un moment où je me mis à sérieusement paniquer: pareil à un amnésique, je me demandais, d'où diable je provenais en vérité, quel était le monde initial d où ma conscience s'était projetée au départ. Avec le jeu classique des questions réponses de l'Ayahuasca, une voix me força à prendre conscience que cela n'avait pas vraiment beaucoup d'importance et que ce qui comptait c'était ma faculté d'adaptation d'un niveau de conscience à l'autre. On me fit également comprendre que je pouvais envisager de manière cohérente le fait que je vivais en fait ces trois vies en même temps, qu'une sorte de super esprit correspondant à ma ma conscience avait matérialisé trois ego différents dans trois univers différents afin d'accélérer le processus d'accumulation de données et de maturation de l'âme. Je trouvai l'idée un peu perturbante, un rien saugrenue et je me souviens aussi que j'eus peur qu'il exista des interactions entre ces trois échos partagés dans trois univers différents. Enfin, je me suis aussi demandé si je ne risquais pas des formes de dépersonnalisation, de possession en me mélangeant allègrement les trois ego…. Cela prit plusieurs heures avant que le trip prenne fin en douceur, les hallucinations et les émotions bizarres devenant de moins en moins intense. Je me suis demandé les jours qui ont suivi si ces perceptions étaient réelles, importantes, si ce que j'avais ressenti était quelque chose de concret. Puis, par après, je me suis dis que cela n'avait pas vraiment une grande importance. … Les autres rituels auxquels je participai me firent vivre des choses encore radicalement différente, toujours très intense et jamais très amusante….” L.W.
Le témoignage suivant est issu d'expériences vécues par karmatoo au sein de l'Eglise du Santo Daime :
Officiantes du Santo Daime au Mapia (Brésil)
"C'est difficile pour moi d'exprimer ce que j'ai vécu par l'Ayahuasca. Intuitivement je qualifierais ces expériences de sauts dans l'inconnu de mon être mais dans le fond cela ne veut pas dire grand-chose. Ce que je peux affirmer avec certitude suite à cette expérience magique tient en peu de mots : je ne connais pas grand-chose, ni de moi-même, ni de quoi que ce soit d'autre.
Mes rencontres avec l'Ayahuasca se sont déroulées quelque part en Europe, dans le cadre du Santo Daime, un groupement religieux d'origine brésilienne et d'obédience chrétienne.
Il faisait un froid de chien pour mon premier rituel -qui se pratiquait dans une grange perdue en pleine campagne et sans chauffage- et je me demandais vraiment ce qui m'avait poussé à tenter cette expérience qui me plaçait dans une position inconfortable, tiraillé entre la peur et le désir de transcendance. Encadré par les adeptes "purs et durs" du culte j'ai bu mon verre de Daime, prié la Vierge Marie, chanté -j'aime le croire- en portugais durant plus de quatre heures et rien ne s'est « passé ». Rassuré, déçu et éreinté, je suis rentré chez moi, certain de ne pas recommencer cette laborieuse initiation.
Bon, évidemment j'y suis retourné mais je ne me sentais pas vraiment en phase avec les pratiquants du Daime. Chapelets, symboles ésotériques mystérieux, photographies du Padrinho -le « gourou » brésilien- cristaux et encens ; j'avais la désagréable impression de m'être immergé dans une secte dont la plupart des adeptes me paraissaient froids, distants malgré les sourires et surtout strictement attachés à une étiquette qui semblait sortir d'une époque révolue. Pas question ici de prendre sa dose de psychotrope et de se caler tranquillement sur un futon dans une pénombre propice aux voyages psychédéliques. Non rien de tout ça. Il faut danser -trois pas à gauche, trois pas à droite- en groupe : les hommes d'un côté, les femme de l'autre. Chemise blanche et pantalon bleu (jupe plissée pour les femmes) de rigueur, il faut prier encore et encore, chanter un nombre incalculable de « balades » brésiliennes qui parlent d'amour, de lumière et surtout de travail.
Fatigué, je ferme les yeux. Des serpents s'affichent sur l'écran noir de ma conscience. Impossible de les éviter, les faire disparaître, ils s'imposent à moi comme des gardiens magnifiques. Leurs écailles resplendissent de couleurs iridescentes et il me semble, enfin, je suis absolument certain qu'une seule de ces écailles a déjà infiniment plus de conscience que moi. Les boas disparaissent et d'autres serpents, plus petits, s'enlacent et s'agencent en d'étranges figures qui m'évoquent des nœuds ou des frises celtiques. Je ne comprends pas ce qui se passe et une étrange sensation m'envahit car je perçois clairement que ces visions qui se déroulent devant moi sont des messages destinés à une partie de moi qui m'est totalement inconnue et absolument hors de contrôle.
Un anneau serti de serpents dorés en suspension dans le vide se fige et s'adresse à « moi » : « Te souviens-tu de l'Alliance ? ». Je m'effondre en sanglots que je ne peux contenir car même si je n'y entends rien, l'autre, l'étranger qui dort en moi sait que j'ai oublié l'inoubliable. Vidé de mes larmes, une voix intérieure me berce et me demande bizarrement si je sais ce qu'est une fleur. Elle me demande d'ouvrir les yeux et d'observer l'orchidée sur la table. Je la regarde. Une onde se déploie autour d'elle et se dilate pour me submerger d'amour à l'état pur. « C'est ça une fleur » m'explique la voix « tu passes ta vie devant les orchidées sans les voir ». La pression monte dans ma poitrine. J'essaye en vain de la contenir. Les chants me rappellent à l'ordre et je m'y accroche péniblement pour ne pas sombrer dans le torrent de couleurs qui m'assaille. Tout mon être est sous l'emprise d'une vibration qui me parcourt dans tous les sens, la mort est à côté de moi et je n'ai rien à lui offrir si ce n'est le vide d'une existence sans consistance. Pas maintenant, je ne veux pas mourir dans ma nullité. Je ne sais pas prier alors je supplie avec mes regrets et mes peurs qui enflent lourdement pour ne pas mourir ce soir. Mon interlocuteur invisible me parle à nouveau, me suggère d'effectuer une série de mouvements pour dissiper ma tension. Il me guide, pose « ses » mains autour de mon visage et le tourne vers la gauche. Je n'entend plus un son. Seul avec moi-même j'émerge dans une pièce sobre et vide. Les murs sont blancs, des vitraux romans s'élancent vers le plafond liquide qui ondule calmement : je suis chez moi.
Un nouveau verre de Daime : c'est amer et c'est à peine si mon estomac le supporte mais je me sens divinement bien. J'ose à peine imaginer le sourire abruti qui doit stupidement s'afficher sur mon visage. « Je suppose que tu imagines vivre l'extase » reprend la voix qui décidemment ne me lâche pas, « en réalité ce n'est qu'une masturbation de l'esprit » poursuit-elle. « Ouvre les yeux ! ». Je regarde autour de moi et c'est à peine si j'avais remarqué les « autres ». La grange est inondée de lumière blanche. Chacun des participants est entouré d'un halo blanchâtre connecté aux autres par des filaments luminescents. C'est la fin de la session. On s'embrasse les uns les autres, provisoirement libérés du carcan des convenances et du jugement.
Ce « travail », comme aiment l’appeler les adeptes du Daime, est celui qui a été le plus signifiant pour moi mais il y en a eu d’autres moins faciles, plus obscurs et ce n'est rien de le dire. Au-delà des visions ces sessions m’ont apporté une perception très claire et sans complaisance de certains côtés de ma personnalité, des incroyables circonvolutions de mon ego, de cette suite sans fin d’aveuglements de moi-même toujours à l’affût de reconnaissance et de pouvoir.
Que dire encore sinon que, même si j’ai beaucoup de respect et d’admiration
pour le travail des pratiquants de l’église du Santo Daime, j’ai toujours participé de manière informelle et non suivie aux rituels car il est inconcevable pour moi d’entretenir une relation de dépendance spirituelle envers une plante, aussi magique soit-elle." Karmatoo